29
nove

Beijingya, le restaurant chinois, ses tripes et ses oeufs de 100 ans

MADAME

MONSIEUR

Mme a évolué, depuis l’époque où, enfant, elle refusait d’aller au resto chinois, par peur de revivre le choc allergique au glutamate (nausées, rougeurs, indigestions, évanouissements). En furetant les rues de Bruxelles, on trouve encore des gargotes authentiques, qui ne noient pas les plats dans le glutamate. Chez Beijingya, on croise des Chinois heureux. La carte est vaste.

Elle n'en retiendra qu’un plat, ébouriffant : le Pídàn (l’œuf de cent ans) au tofu soyeux. Du temps où elle reniflait avec dégoût la jarre aux œufs de cent ans exposée dans le supermarché chinois Sun Wa qu’elle arpentait avec bonheur (devenu le Kam Yuen, Rue de la Vierge Noire 2), elle n’aurait jamais osé goûter cette chose. Quel met délicat !

En réalité, l’œuf de cent ans n’a que quelques semaines (100 jours max) et il est "pourri" avec un degré de raffinement élevé : conservé dans de la boue mélangée à du riz non décortiqué, de la cendre, des aiguilles de pin, des feuilles de thé et du sel. Sur l’assiette, le jaune devenu vert-noir, donne une sorte de crème au goût soutenu, et le blanc transparent se fait discret, comme l’umami. Servi avec un tofu soyeux qui évoque la texture du flan sans le sucre, c’est merveilleux, contrasté par une brunoise de légumes croquants, de gingembre et de piments, dans une sauce de soja et vinaigre.

Mise à jour du 29 novembre 2015: Mme et M. sont retournés plusieurs fois dans ce resto. La dernière, accompagnés de compères plus qu'éclairés, Carlo, le duo de la cuisineaquatremains et Myriam, ils ont fait un festin de plats à base de tripes. Une merveille !

M. aime la cuisine chinoise. Pas celle des menus tout frit ou tout glutamate, mais la cuisine aventureuse, hors des sentiers battus, des clichés de la Grande Muraille.

A quelques encablures du nouvel an chinois, nous avons poussé la porte du Beijingya, une adresse du centre ville.

Nos coups de cœur, le tofu soyeux aux œufs de cent ans, le feuillet de bœuf au gingembre, les gâteaux au radis, la côte de porc sauce piquante et le canard laqué à la pékinoise.

Du goût, de belles portions, des sauces relevées (quand ça pique ça pique) et le tout pour un prix modique.

Il y a aussi une spécialité de canard laqué, de la méduse et des vins abordables.

Le cadre est simple, le service poli sans être chaleureux, on n'est pas là pour devenir amis, on mange, on refuse du monde. 

A la commande du feuillet de bœuf la serveuse indique sont ventre et nous dit "Tripes, tripes", gentille attention nous rappelant que la feuillet est une des 4 parties d'un estomac de bœuf.

Une belle adresse pour manger autre chose qu'un porc sauce aigre-douce et pourtant se faire plaisir.

Restaurant Beijingya
Rue Melsens, 8
B - 1000 Bruxelles
Tél - 02 514 36 88

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18
sept

Se damner pour les dim sum chez Dam sum

MADAME

MONSIEUR

Mme sait qu’une seule bouchée peut laisser une marque éternelle sur la langue. A New York, un soir à Chinatown, d’un dim sum croqué avait giclé un merveilleux jus de porc et crevettes… Cette madeleine de Proust chinoise, Mme espère la retrouver chaque fois qu’elle se rend dans un resto asiatique.

L’objectif fut atteint chez Dam Sum, nouvelle enseigne du Quartier Bailly à Ixelles. Parmi les dim sum préparés sous vos yeux par deux mains expertes, le Xiao long bao pork 猪肉小笼包 libère une soupe prisonnière à l’intérieur. Magique ! La farce est un mélange de porc, d’herbes et légumes. Ces dim sum sont cuits sur claies de bambou et à la vapeur, pour de conserver le jus précieux. D’autres se déclinent en soupe, vapeur ou dorés au wok comme le dim sum frit à base de viande de porc et de crevettes 猪肉鲜虾窝贴, qui rappelle le gyoza japonais. Les prix varient entre 4,50€ et 5,20€ (pour 3 pièces). Pour suivre, une salade aux crevettes du Bengale et céleri mi cuit ne laisse pas de souvenir particulier.

Thé glacé et chaud
Mme aime boire le thé en croquant des dim sums et  avec la glace au thé vert, onctueuse, un thé glacé maison (cardamone, citron, gingembre...) voire un cocktail signature à l’hibiscus.

Banquettes et fresque
Pour parer l'attente d'un Monsieur en retard, Mme glisse ses cuisses sur une banquette et perd son regard dans les fresques de Monk.

M. a du dim sum les angoisses du produit surgelé, haché, masqué dont l'origine est difficilement discernable.

Chez Dam sum c'est frais, c'est exécuté en salle par une dame qui festonne la pâte sur une farce quasi à la demande.

Un flux tendu qui garantit une qualité extraordinaire.

M. a craqué pour les Xiao Long Bao; ces dim sum au jus sont superbes. 3 pièces qui sont farcies d'un liquide chaud (attention à la cuisante gourmandise !!). En lunch on les agrémente d'un plat en version médium et d'un peu de riz ou d'un légume et l'on est paré pour affronter les obligations de l'après-midi.

Le cadre joue sur un traitement pop contemporain des poncifs de l'art officiel chinois, tons rouges et verts. Très joli.

 

 

 

 

 

 *En Chine, le terme Dim Sum désigne une large variété de petites bouchées sucrées ou salées.

Dam Sum
Parvis de la Trinité 11
1060 Ixelles
Tél + 32 (0)2 538 08 10

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07
déce

Bij Lam & Yin: une étoile chinoise à Anvers

 

MADAME

MONSIEUR

Mme court jusqu'en Flandre pour se sustenter, persuadée qu'Anvers recelle de pépites exotiques. Pour avoir sondé les foodies et les gourmets, elle en est certaine, Anvers est LE spot pour chinatown food lovers. Restait à vérifier en commençant par le top : Bij Lam en Yin. Chez M. Yin et Mme Lam. Une cuisine cantonaise, de l’épure et d’excellents produits. Ni nappe blanche, ni cristal, mais un service en bois et porcelaine, des baguettes incrustées de nacre. Une étoile Michelin. Point.

Tout est préparé en cuisine, en témoigne la carte limitée à une douzaine de plats, présentés sur un éventail chinois. Mme succombe à l'élégance du geste, au sourire de Lam et à la ligne de conduite du chef : harmonie. Où l'on mange divinement sans dépenser une fortune. Jugez vous-même pour les entrées :

Dim sum délicats (10€), calamars au wok parfumés à la coriandre (15 €), Lu Shui (bœuf finement émincé dans une sauce brune, 13 €)...

La fraîcheur, les saveurs, la légèreté jouent dans l'assiette et le bol. Et l'addition, avec une bouteille de vin ? Autour de 120 € pour deux.

M. avait maugréé un mmmmmh lorsque Mme avait suggéré d'aller manger chinois à Anvers.

Ses sourcils avaient marqué un étonnement certain lorsque Mme précisa que ce chinois était étoilé.

Voilà qui suscite la curiosité, un coup de fil et une réservation pour le premier service de 18h est passée.

Il faut s'y prendre à temps, la maison est petite, et même si il y a deux services, c'est vite complet.

La salle jouxte la cuisine, ce qui fait que l'on peut voir Yin manier le couteau, le wok et les paniers vapeur. Une carte réduite pour les plats aussi :

Le traditionnel canard laqué, à la peau croustillante (19 €) et le bœuf Wagyu aux pousses de bambou et oreilles de Judas, dont le prix est justifié par la qualité de la viande (32€). Deux desserts à 10,50 € (à tester la fois prochaine).

Lam & Yin

Reynderstraat 17
2000 Antwerpen
03/232 88 38
Réservation uniquement par téléphone (néerlandais, français et anglais).
Mercredi au dimanche compris, de 18 à 22h. Deux services.

Voir aussi : une autre adresse, testée cette fois avec 2 enfants : Oriental Delight (Chinatown Anvers).

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PS: Merci à notre amie Tia pour l'adresse !

09
octo

Chao Chow City, cantine chinoise à Bruxelles

MADAME

MONSIEUR

Mme, dans sa jeunesse, affectionnait l'exotisme de pacotille, son décorum de lampions rouges, de Bouddhas ventripotents et d'aquariums chamarrés. Aujourd’hui, le souvenir des repas de famille au Chinois du quartier lui laisse un goût mitigé...

Dans les années 80, Bruxelles regorgeait déjà de petits restos chinois. Pour le meilleur et pour le pire, selon votre tolérance aux bandes-son édulcorées en mandarin et autres incommodants additifs. Devenue adulte, Mme n’ose plus franchir le seuil de ce genre de bui bui. Sauf depuis qu’elle écrit pour les magazines et qu’elle blogue.

Pour une fois, la devanture de Chao Chow City, n’exhibait pas de pauvres bêtes laquées. Dommages, Mme aurait aimé y goûter puisque c'est leur spécialité. Elle s’est consolée avec une entrée de croquettes et un plat de boeuf au oignons. Pas mal, vu le prix riquiqui.

Ce n'est certainement pas LE meilleur restaurant chinois de Bruxelles, mais un bon plan si vous êtes fauchés !

Mise à jour du mois de mars 2015: un autre resto chinois, encore mieux mais plus petit : Beijyngya.

M. aime l'aventure proche. Pousser la porte de lieux dont il ne comprend pas le succès. Le Chao Chow City, c'est ce restaurant chinois du centre ville devant lequel des cohortes d'hommes asiatiques fuments des cigarettes en parlant bruyamment comme des dîneurs rassasiés.

Souvent en vitrine des canards laqués pendent à des esses. Un néon jaune n'indique rien d'autre que ce nom "Chao Chow City".

M. le pas décidé fend la foule et entre comme on s'engouffre dans une bouche de métro, à contre-sens d'une flot humain un samedi soir de sortie. Sur la gauche une salle express sans décorum particulier au fond une salle avec colonnes, statues et dorures. 

Une accorte jeune femme avec une chemise de tartan nous indique une table de deux, va pour la salle express.

Le lunch est à 3,8€, le plat du soir à 5,8€. Un conditionnement bourgeois pousse à se méfier de si peu de cherté. Tentons la carte.

Les choix de M. se portent sur les raviolis chinois frits (crevettes) en entrée et le poulet sauce pimentée.

Les fritures sont saines, les assiettes copieuses, le riz cuit parfaitement. Pour 46€ à deux, entrée, plat , 3 bières et un demi-litre de vin rouge, on est dans la cheap food qui ne donne pas de remords.

Le service est mâtiné d'un humour pince-sans-rire étonnant vu la cadence du travail. 

Chao Chow City
Boulevard Anspach 89
1000 Bruxelles
02/512.82.83

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