06
févr

L'Auberge de l'Isard à Wemmel

MADAME

MONSIEUR

Mme veut sortir des sentiers battus, des quartiers huppés d’Ixelles, d’Uccle et des coins chauds de 1000 Bruxelles, éviter les enseignes juxtaposées qui jouent des coudes, les adresses refilées par les branchés.

Ce samedi, Mme a choisi. Envie de suburb, de grimper sur une bretelle d’autoroute, d’ailleurs. De classique. Envie de tirer sur la corde sensible et d’attirer Monsieur sur ses terres d’enfance - la Chaussée romaine, entre Laeken et Wemmel – qu’elle méconnait.

Si l’Auberge de l’Isard évoque les Pyrénées, le patron, lui, est un Belge de métier, chaleureux bougre. Roland Taildeman nous accueille. Le maître d'hôtel propose l'accord mets vins. On le suit.

Noix de Saint-Jacques dans un fond de veau maison et d'irrésistibles chicons braisés déglacés au porto. Une belle entrée en matière. Ensuite, une poule faisane, parfaitement rosée, arrosée d’une sauce fine de Champagne, poivrée à souhait et une purée de céleri goûteuse font le reste.

Gourmande, Mme ajoute un moelleux à sa collection, poursuivant le défi de les comparer d’un jour à l’autre. Ni coulant, ni mou, bien humide à cœur et croquant en croûte, celui-ci, à base de chocolat Callebaut, remporte l’adhésion du jury.

Sur ces classiques revisités avec brio, Mme questionne le patron, un chic type qui ne tarit pas d'anecdotes sur l’histoire de la gastronomie bruxelloise et ressort de sa cuisine d’illustres ouvrages chers à Monsieur. Un signe.

Ce que Mme retiendra de cette soirée à l’Isard se niche entre deux sensations douces, nourries d'hospitalité et d'équilibre.




 

Le plateau du Heysel, les longs boulevards qui y grimpent crescendo. Le verregat, la Cité Modèle, la chaussée romaine qui marquent les confins septentrionnaux de Bruxelles. L'Atomium bien sûr.

Ce paysage d'enfance du Nord suscite chez M. une douce nostalgie à l'aube d'une soirée à l'Auberge de l'Isard.

Villa cossue, parking privé. Au premier abord la soirée s'annonce feutrée.

Le chef, Roland Taildeman, est à l'accueil, ce n'est pas encore le coup de feu. Le vestibule mène à une grande salle avec des tables confortablement espacées, une clientèle qui salue les arrivants conforte une chaleureuse impression d'hospitalité.  

La carte décline des produits nobles (huitres, homard, poule faisanne,...) et des spécialités belges et française, classiques avec une touche créative. 

M. avait envie de bases, d'échos d'enfance, de classiques belges. Il est possible d'emprunter cette voie avec le menu Isard, 35 € ou 52 € avec une sélection de vins.

Variation autour de la crevette (Croquettes de crevettes, soupe...), un contre-filet cuit bleu, sauce béarnaise et des frites. Une tatin pour finir.

Tout très bon, copieusement servi avec le sourire, les vins choisis avec justesse.

Si l'envie de faire des expériences titille l'oenophile qui sommeille en vous, la carte des vins recèle quelques fonds de cave qui explorent le dernier quart du XXe siècle. Pour amateurs éclairés. 

En fin de service M. a eu beaucoup de plaisir à discuter avec le chef  des grands noms bruxellois de la gastronomie belge, évoquer la mémoire de Marcel Kreusch par le biais de son livre posthume "La cuisine de la Villa Lorraine et de l'écailler du Palais royal" qui fait partie des bibliothèques du chef et de M. Et d'y chercher de concert la recette de la "truite saumonée Candice Kother", d'y débusquer le jeune Gérald Wathelet dans la brigade. De parler de recettes qui restent en mémoire. Un peu où sont les neiges d'antan disparues, mais bien agréable.

Auberge de l'Isard
Chaussée Romaine 964-966 
1780 Wemmel
02 479 85 64

Lunch 2 services à 17 € proposé le midi en semaine.
Menu « plaisir » à 45 € (65 € avec vins)
auberge, wemmel, Heysel, menu 45 euros

28
sept

Au Phil des Saveurs à Namur

MADAME

MONSIEUR

Mme voulait voir Namur et flâner près du Casino, au bord de la Meuse. C'est là qu'une adresse s'échange de bouche à oreilles. Au Phil des saveurs. Comme au jardin, l'automne n'ait pas encore sévi, Mme accepte d'y prendre place.

Les mises en bouches séduisent : granité au piment d'Espelette et tartare de thon, parfait. Pus tard, une vichyssoise de pois à la menthe procurera un coup de fraîcheur au gosier.

Dans le menu Phil (35 €) Mme trouve les langoustines à son goût, nappées d'un crumble pistache, mousse de betterave rouge et de copeaux de citron vert. Le croquant est là, les saveurs s'accordent. Le veau cuit rosé, et son espuma de vitellottes sont servis avec de jeunes oignons et de fines asperges vertes (japonaises ?). Mme apprécie le jus de viande, salé à point.

Le plateau de fromages de la Petite ferme est exquis, et le vin rouge espagnol (Gibraltar) de belle tenue. Ah, Mme oubliait, le chef est espagnol.

Pour finir, une glace basilic, avec une infusion glacée aux fleurs de samba avec des morceaux d'ananas découpés simplement ne convainc pas. Une coupe de Gamay perlé relève le dessert.

Mme aurait dû goûter au pain perdu poivre noir.

Sinon, l'adresse est bien, il faudra revenir pour tester le menu tout homard et champagne.

Comme tous les vendredis, Monsieur avait envie de fromage. La carte d'au Phil des Saveurs semblait offrir des possibilités avec sa salade de chèvre revisitée, mesclun de jeunes pousses et son assiette de fromages affinés par La Petite Ferme à Erpent qui, dans le domaine, est une référence européenne.

Le menu tout homard (58€) avait bien l'air aguicheur, mais l'idée de faire une verticale de crustacés ne l'a pas emporté sur cette tenace envie de fromage. Le menu à 35€ qui au vu de sa composiiton est une bonne affaire, n'allait pas plus répondre à l'envie du moment. Va donc pour la carte. Un duo de ris de veau et langoustines, mousse de pomme de terre violette, artichauts et jus brun allait complèter ce tableau fromager.

L'accueil est chaleureux, on nous guide vers le jardin, une cour couverte d'un auvent et munie de chaufferettes. Le vin nous est très judicieusement conseillé.

L'apéritif est servi avec de délicieuses gougères (pâte à choux) au parmesan. Une mise en bouche sous la forme d'un tartare de thon apporte un peu de fraîcheur et nous met en appétit.

Les entrées arrivent.

M. déchante devant un canapé de chèvre cendré napé d'un sirop, de la roquette hachée et des tomates cerises. La revisitation reste très sommaire, le canapé s'est chargé de l'humidité du fromage, le pain n'ayant visiblement pas été toasté, l'assiette manque de croquant, de tenue. Les goûts sont plaisant mais les mandibules ont l'impression d'avoir été oubliées à la fête.

Le plat suit.

Le duo de ris de veau et langoustines est copieusement servi, la mousse de pomme de terre violette abondante, les artichauts grillés sont superbes et le jus brun en bonne quantité, ni trop présent ni trop discret. Toutefois l'assiette pèche aussi par un éventail de textures trop fermé. A nouveau, cela manque d'une certaine mâche, d'une ossature qui donnerait à l'assiette un relief plus marqué.

M. compense son envie de croquant sur le pain maison, chaud sorti du four qui fait merveille avec l’assiette de fromages affinés par La Petite Ferme.

Arrive le dessert.

Mille-feuilles d’abricots confits. Il s'agit plutôt d'une série de bouchées composée de deux palmiers (biscuit feuilleté) et d'une mousse à l'abricot. Pour le coup le croquant est là mais l'adéquation entre le descriptif et le plat avait fait naître une attente différente plus proche du rectangle de pâte, fourré et glacé.

M. a donc un sentiment mitigé en fin de repas, très bonne nourriture mais proposée dans des assiettes à la composition incomplète. Philippe Garcia fait une excellente cuisine mais celle-ci manque aux yeux de M. d'un cap, d'un parti pris clairement affiché, tranchant entre les inspirations méditerranéennes, le classicisme, la fusion terre-mer et qui donnerait à son travail un relief certain.

au_phil_des_saveurs-pano.jpg

menu 35€,menu 58€,homard,fromage,crustacés,saveurs,vin espagnol,moins de 55€

Au Phil des Saveurs

Avenue de la Plante 4
5000 Namur
081/64.04.44

Fermé le mardi et le mercredi