28
août

Substrat, resto de cueillette dans le quartier Croix-Rousse à Lyon

MADAME

MONSIEUR

Mme, en art comme en cuisine, cherche l’esprit du temps. Les personnalités inventives, curieuses, créatives. A Lyon, elle a voulu rencontrer les jeunes pousses, après avoir goûté aux grands classiques… Hubert Vergoin (photo de gauche) est de ces chefs qui disent appartenir au clan des nouveaux bistrots. Ils font à leur guise : s’ils ont envie de cultiver des champignons in situ et de retrouver l’élémentaire dans l’assiette et dans le verre…

“Substrat est né d’idées germées sur une base fertile composée d’amitiés et de saveurs communes. »  La cuisine de Vergoin met en avant les produits de la cueillette, mais aussi les sauces, les jus et les bouillons (le dashi) ou les gelées (voir plus bas).

Une mise en bouche fraîche, acidulée : cœur de bœuf, brugnon, abricot, vinaigrette à la rhubarbe. Pour suivre, un pressé (aspic) de rascasse qui a du chien, relevé par du genévrier, avec une sauce rouille affolante. Légumes crus sculptés à la mandoline, différents radis et du chou fleur poivré en pickels, viennent apporter du croquant à ce plat savoureux. Un vin blanc de Loire de chez Huards attise le désir (Cour-Cheverny, Huards 2010 Romo, 3€ le verre, on croit rêver).

Survient un beau morceau de cochon des montagnes, avec des artichauts barigoule, l’un des plats préférés de Mme. Un dessert léger : sorbet à la mauresque Ricard et orgeat créé par le second en cuisine, Yann Doutrewé. Ce Liégeois au bonnet de laine a des projets à Lausanne (il faudra le suivre). Mme le félicite pour son autre sorbet (elle ne peut refuser d’y goûter) à l’aloe vera, dont la gelée de vin de prune et groseille parvient à supprimer la texture savonneuse de l’aloe vera. Adieu le cliché du savon, bonjour l'invention.

M. avait envie de sortir du coeur de Lyon, se libérer de l'étau fluvial. Monter sur les hauteurs, un rien à l'écart des bouchons. Trouver ce que les soubresauts du Nord peuvent bien faire bouger à Lyon, la capitale du goût de l'Hexagone.

Sur les hauteurs de la Croix-Rousse, un restaurant qui intègre une champignonnière, pour servir directement sa production et qui annonce un locavorisme, circuit-court, une revisitation qui fait écho aux préoccupations des chefs qui suscitent la curiosité qu'eux-mêmes développent.

Une salle bistrot, des tables en bois, une cuisine vitrée qui donne à voir le travail, des vins au verre, des couples, des groupes de copines, l'ambiance est détendue, on vous chouchoute si vous vous laissez faire.

Qu'ai-je mangé ? Des légumes de saison en entrée et du poisson sur un écrasé de pommes de terre.

Si les légumes étaient parfaits, c'est un peu court pour un appétit de M., qui toujours se demande "Comment font les filles ??". Par contre le poisson était nacré, les pommes de terre  aidant à caler l'appétit du mangeur, le tout baignant dans un corps gras sapide qui relevait cette assiette simple et en fait un plat roboratif.

On peut manger léger, boire des coups sans se ruiner et profiter de la terrible curiosité du chef et de son second belge et moustachu. Qui se questionnent et cheminent avec vous dans les méandres du classement de leur cuisine, établissement, projet, à l'heure des commis voyageurs, des stars du fourneau globe-trotteur et des doutes quant à la tradition... Quand ça se calme en cuisine, le local se fait liant.

Substrat

7 rue Pailleron
F - Lyon 4, Croix-Rousse
Réservation : +33 (0)4 78 29 14 93

Lire aussi : notre avis sur le vrai bouchon Daniel et Denise. Où loger à Lyon ? Au Royal Hôtel.

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12
déce

Cecila, le restaurant de Mélanie Englebin

 

 

Mise à jour du 6 mars 2014 : nous y sommes retournés deux fois cet hiver, du personnel de qualité a été recruté, les desserts sont parfaits et le niveau général a encore progressé... Bravo !


MADAME

MONSIEUR

Mme a eu un coup de cœur cet été (et en a parlé dans la presse). Monsieur y est déjà retourné 2 fois ! Et voilà que cet automne, Cecila est entrée dans Gault & Millau avec la note 14. Cécile est le nom de la mère de Mélanie Englebin, qui règne derrière les fourneaux. La chef de 31 ans fait des étincelles tant avec la viande, les légumes, les sauces et espumas, qu’avec les produits de la mer, qui lui ont ouvert de nouveaux champs d’investigation lors de son apprentissage au Four Seasons à Bora Bora. L’œil vif, elle vous parle de ses années de formation (Jaloa, Sea Grill...) et du poisson qu'elle accompagne d’épices vadouvent, d’algues, de feuilles de chrysanthème, de poivre.

L’entrée :
Gambas géantes, espuma d'agrumes et algues bien grasses (cette sensation de mâcher du vermicelle) fait plaisir, sans alourdir.

Le plat :
Du filet de maigre aux couteaux de mer. Un subtil goût de racine de turmeric, râpée crue provoque un instant d’évasion, de plaisir sensuel, de légèreté, perdure grâce à une texture de purée de pomme de terre et une algue séchée rehaussée de grains de sucre.
Une tasse de thé chinois « Déesse rose », une mignardise chocolat pour terminer. Mme a tout aimé, tout absorbé, décanté.

Cecila a de l’avenir, du talent, de l’esprit. Il lui faut du personnel en renfort, car les réservations ne font qu’affluer. Mélanie Englebin nous a confié avoir bien du mal a trouver du personnel qualifié pour la salle.  Dans la capitale de l’Europe… Dingue non ? Dans tous les cas, il faut réserver.

M., depuis un temps certain, se questionne sur l'usage qu'il a du centre de sa ville. Pourquoi (et comment) sortir à Bruxelles centre ? Grand-Place ?

C'est difficilement accessible depuis son domicile (au minimum une correspondance STIB pour finir dans le quartier du Parc et des horaires où celle-ci, le soir, peut demander 15 min. d'attente) c'est souvent toc, pacotille et bar à bière pour attirer les touristes... On pourrait croire la pièce jouée, l'Ilôt-Sacré c'est mort sauf à aimer la pitta et le sport sur écran.

Et puis on fait des découvertes, des lieux qui ne cadrent pas avec la destination. Qui ne veulent pas aller avec le courant et font des propositions autres.

Un restaurant où le talent s'exprime avant tout sur les poissons, où le menu surprise est la spécialité, où l'on vous propose de vous laisser faire, de déléguer votre confiance. Mais si vous ne voulez pas, la carte propose les inspirations du moment sur les produits du marché.

C'est frais, structuré, bien pensé, goûtu, chaque bouché émerveille et vivifie.

Cecila est de ces lieux qui donnent envie de sortir, de mettre un manteau, de passer sa porte et de partir à l'aventure des découvertes et des surprises proches.

Peu importe que la rue des Chapeliers soit à un jet de falafel de la Grand-Place, que du contraire : cela donne envie d'aller frotter le bras d'Éverard t'Serclaes au sortir de table pour formuler des souhaits d'apparition de tables de cette trempe plus régulièrement et avec autant de succès que cette jeune pousse.

Restaurant Cecila
16 rue des chapeliers
B - 1000 Bruxelles
Tél. 02 503 44 74
Lunch 24 euros. Menu du chef, 3 services, 44 euros.

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29
octo

Les Brigittines, tradition bruxelloise créative


MADAME

MONSIEUR

Mme, avant de l’applaudir, croise le chef à l’entrée des Brigittines, tout sourire, papotant avec des hôtes par l’odeur alléchés. D’emblée, elle a envie de franchir le pas de la porte de ce noble établissement des Marolles, vanté par ses aînés. La bonne humeur du chef se retrouve dans l’assiette, mâtinée de savoir-faire et d’inspiration.

Si fallait n’en choisir qu’un, ce serait ce plat typiquement bruxellois (Zenne pot, "le pot de la Senne", la rivière qui coule sous les pavés de la capitale) qui vous tapisse le palais, et dure, dure, si longtemps en bouche, qu’on en débat encore avec Monsieur, de l’équilibre entre gras et acidité, fraîcheur, iode et fumé. Le Zenne pot, c’est mortel. Mme devrait rejoindre l’Ordre du bloempanch !

Sans oublier ce qui suit, la volaille fermière cuite pochée au vin jaune, ponctuée de douces câpres. On vous la sert en deux ou trois temps, vu le volume de l'oiseau.

Trop de bonnes choses, aux Brigittines. L’esprit bruegelien du quartier survivra. En guise de pèlerinage ou de promenade digestive, faites donc un saut en face, à l’église de la Chapelle (photo) où le grand peintre flamand Bruegel (mort en 1569) est enterré.

M. aime les lieux intemporels que l'on espère éternels. Les Brigittines sont de ceux-là. Mais le lustre du lieu, les boiseries, les luminaires surplombants des sculptures romantiques et Art Nouveau ne doivent pas masquer l'importance du travail, de sa précision et de l'immense talent de Dirk Miny, le chef, et de son équipe.

On y déguste une cuisine franco-belge de tradition, mais avec sa propre signature, ses spécificités, du slow food mais pas uniquement et ce goût puissant, ancien, régressif qui s'exprime dans des créations nouvelles. 

Le Zenne pot est de ces entrées, apéritive, jouant du gras, de l'acidité pour faire saliver et lubrifier l'appétit du dîneur. Composé des spécialités qui émaillent le parcours de la Senne ce choux cuit à la geuze, sur lit de bloempanch, émaillé de saucisse sèche et bulots a une superbe longueur en bouche et se marie parfaitement avec la fraicheur et la minéralité du verre de Gros Plant du pays nantais qui l'accompagne.

En plat une suave, souple parfaite joue de veau braisée 4 heures dans la bière Cantillon, légumes et pomme vapeur. Somptueux !  

Restaurant Les Brigittines - Aux Marches de la Chapelle
5 Place de la Chapelle
B- 1000 Bruxelles
Tél. 02 512 68 91

Pour les amoureux de la peinture flamande, notez qu'une Maison Bruegel va voir le jour prochainement.

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20
sept

Pin Pon, Place du Jeu de Balle à Bruxelles


MADAME

MONSIEUR

Mme se remémore ses premières fois au Café des Spores. Il y a des années, Philippe Emanuelli y cuisinait devant ses hôtes, les précieuses denrées. Cet été, il coache les cuisiniers de Pin Pon. Le Français enraciné à Bruxelles sait y faire aussi avec les produits de la mer et les produits tout frais qu’il se fait livrer par ses fournisseurs secrets.

Cet été, il avait préparé des écrevisses aux carottes, des couteaux de mer à l'ail, des œufs en verrine, enfin, toutes sortes de petits plats extra, juste sous les yeux de Mme & M.. Comme autrefois. C’était la période de test sur la grande terrasse, avant le lancement officiel de Pin Pon. Emanuelli coachait les deux jeunes gars qui ouvrent ce bistrot bruxellois.

Fermé pour quelques semaines de travaux, Pin Pon ré-ouvre ce 27 septembre. Cette fois, on y dinera à l’intérieur, à l’avant des anciennes casernes de la Place du Jeu de balles. Une belle adresse, pardi !

Pensez à tous ces flâneurs du marché au puces, engourdis par le froid, qui viendront se réfugier chez Pin Pon. Et toutes les autres occasions d’y passer, c’est sûr, vont se présenter.

M. aime le bouche à oreille c'est souvent le gage de belles découvertes, encore faut-il coller ses oreilles à de belles bouches. Ici on est dans la meilleure des compagnies. M. avait eu la chance de rencontrer Line Couvreur pour une interview en prévision du déménagement des Filles Plaisirs Culinaires (on y reviendra !), lieu qu'il avait découvert par hasard un jour qu'il croisait la route de Philipe Emmanuelli qui lui indiquait l'adresse. Demandant des nouvelles de ce dernier (Supersec, mais quoi d'autre ?) à Line, elle avait laissé entendre que Philippe mettait au point la carte d'un nouveau lieu : Pin Pon dans l'ancienne caserne des pompiers de la place du jeu de balle.

Mince affaire ! Il fallait s'y rendre.

Si l'été était tout en apéros et terrasse, vin blanc et mises en bouche délicates, comme des couteaux juste poêlés avec de l'ail et du persil, du boudin aux herbes, des écrevisses du Lac Léman, l'automne verra l'ouverture des différentes salles sous verrière.
Au menu la mise en œuvre d'une vrai cuisine, un bar avec des dégustations et une vue imprenable sur la place la plus zinneke de Bruxelles, oscillant toujours entre gentrification et zwanze. Au comptoir la Pin Pon, une pils charpentée brassée sur commande par la brasserie de la Senne.

Aux commandes, un duo de jeunes hommes souriants, l'un boulanger hexagonal venu exercer au plat pays (Charli), l'autre (Thomas) ayant fait ses armes au Psylophone à Watermael. Le tout, on l'espère, pour le meilleur et le succulent.

 

68 Place du Jeu de Balle
B - 1000 Bruxelles
Tél 02 540 89 99

Envie de découvrir un autre de nos coups de coeur bruxellois ?
Restaurant La Buvette (voir notre avis ici).

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