18
juil

Mon Bistrot d'été by Christophe Hardiquest

MADAME

MONSIEUR

Mme croque les jolis mots comme bistro(t), bastringue et bistringue (cité dans le dictionnaire Littré). L’étymologie de bistro date de 1884 : en argot, il signifie « cabaretier ». Par bistro, on entend souvent simple, efficace, rapide. De l’eau a coulé sous les ponts depuis ; le bistrot a évolué et la notion de bistronomie a pris ses galons dans les capitales, comme une transposition de la cuisine gastronomique présentée de façon plus simple comme dans une brasserie.


Mon bistrot d’été by Christophe Hardiquest, c’est donc ça : un chef belge réputé, célébré par les guides établis, qui s’amuse dans un resto « pop up ». Cela ne durera qu’un été, autant y aller.
Présent en salle, Christophe Hardiquest y sert de bons petits plats, simples en effet, mitonnés ou assemblés : des bouchées croquantes à tomber, comme ces Crispy rice de tartare de maquereaux épicé (21 €), dont la sauce rappelle le kimchi, et des produits de premier choix, comme le poulpe grillé, salade de tomates, vinaigrette au curcuma et mousseline de poivron rouge (26 €), des sorbets originaux à la Kriek, au cuberdon, à l’oseille et poivre (5 € la boule)… Un verre de vin blanc nature (Alsace, Pierre et Jean-Pierre Rietsch) pour agrémenter ce délicieux repas et l’ensemble tient. Seules les frites nous laissent mi-figue mi-raisin, pas vraiment croquantes, pas molles non plus.

Pas de terrasse, dans ce bistro près de Flagey, qui connut ses heures de gloire sous le nom Chez Marie, mais une salle étroite, avec des tables fort rapprochées. Une bonne table, si vous tenez à aborder la cuisine du chef Hardiquest avant de découvrir son restaurant gastronomique, Bon bon, après les travaux en septembre, à condition d'y mettre le prix.

Voir un chef 2 étoiles réaliser son rêve, laisse parfois M. songeur. Quitter l'Éther pour jouer de la trancheuse en salle, sortir des petits salés lentilles, des croques toscans, ce doit être un brin transgressif quand on joue dans la cour des grands.

Ça permet certes de garder une activité pendant une fermeture tout en jouant à autre chose, donner à manger sa signature dans des plats sans prétention, échapper à la critique, aux évaluations, être en vacances de son navire amiral et profiter.

Toutefois il y a certains pas qui ne sont pas franchis et c'est dommage. Le bistrot garde une carte et donc parfois certaines marchandises annoncées font défaut. Le bistrot n'ose pas l'ardoise. Il reste restaurant dans l'âme.

M. a peut-être du bistrot une idée assez arrêtée, un lieu animé, où cela va vite. Pour l'animation elle est là, musique de fond pop, discussions animées, équipe télé qui vient capter l'événement de l'été et importuner les convives. Il leur faut capter l'éphémère et déranger l'instant. Pour le service c'est un peu long entre l'entrée et le plat. Ca cuisine et s'active, ça turbine.

Le service est très pro, les plats ciselés, Christophe Hardiquest omniprésent en salle, cuisine, il doit faire 10 kilomètres par service.

Pour l'addition il y'a des "affaires" et des coups de fusil. Les suggestions du jour sont d'excellents rapport qualité/prix. Les finger food et entrées tapent un peu. Les frites sont un piège dont la dégustation a laissé M. circonspect. La frite qui ne craque pas, ne fait pas craquer M. A 6€ le bol... c'est un peu cher.

Mon Bistrot d'été by Christophe Hardiquest
Rue Alphonse De Witte 40
B - 1050 Ixelles
Service du mardi au samedi, midi et soir
T : 02 644 30 31
Réservation online : https://www.resengo.com/fr/monbistrodete

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Capture d'écran du JT de BX1 (Télé Bruxelles) avec Madame Monsieur au Bistrot d'été

12
juil

Origine, restaurant à Etterbeek

MADAME

MONSIEUR

Mme aime Etterbeek, son marché du dimanche sur la place Jourdan. A quelques pas de là, loin des restos à touristes, elle a eu le coup de foudre pour un nouveau restaurant tenu par un jeune couple: Origine. En cuisine, deux beaux-frères inspirés. Simple, raffiné, frais, authentique. Une touche de créativité, de gourmandise.

Mme aime la possibilité de jongler avec les propositions, tout en se limitant à 38 euros pour 4 plats. Elle a choisi 3 plats marins, tous très bons, un ceviche de dorade, ananas et piment d’Espelette. Des gambas grillées, coriandre et basilic thaï. Une papillote de poisson et coquillages, bouillon de vadouvan (épices exotiques, douces), salicornes, fenouil, vitelottes. Elle se souvient du moelleux au chocolat, l'un des meilleurs qu'elle ait dégusté à Bruxelles. Servi avec une glace au sarrasin grillé et une sauce anglaise à la fève tonka.

Et puis, il y a la bonne humeur du papier peint et du garçon de salle, le sourire du cuisinier que l'on voit travailler, la carte des vins de chez Titulus (vins nature, bio, biodynamie...).

M. aime les matrices, le touché-coulé et les bonnes tables.

Ici on pioche dans une matrice de 4x3 propositions selon des déclinaisons viandes/poissons/végétaux pour des propositions entrée froide/entrée chaude/plat/dessert.

Ca permet la monomanie ou le batifolage et si on est plus que 3 ça autorise les redites.

Tout est bon. Ca change souvent.

La déco est moderne, les murs joliment décorés de personnages mystérieux.

Les vins sont bons, un brin fouillis dans leur présentation qui devrait adopter le même mode de combinaison que les plats, nous verrons quand nous y reviendrons.

Le lieux est à quelques encablures de la place Jourdan, où l'on peut prolonger les plaisirs d'une belle soirée.

Origine

Rue Général Leman, 36
B 1040 Bruxelles
T: +32 (0)2 256 68 93

Facebook du restaurant Origine

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06
juil

Belga Queen, fameuse brasserie de Bruxelles

MADAME

MONSIEUR

Mme (depuis tout ce temps, quinze ans déjà) voulait voir le Belga Queen, restaurant créé par le fameux architecte Antoine Pinto. Quand un expatrié à Bruxelles lui cite un restaurant qui l’a impressionné, le Belga Queen arrive souvent en tête. Pour son décor grandiose, d’abord.

Le Belga Queen, à deux pas de la Monnaie à Bruxelles, était à l’origine l’Hôtel de la Poste, puis une banque. Sa salle centrale, très théâtrale, encadrée de colonnes, en impose. A table, les convives peuvent voir et être vus, mais l’on peut aussi s’asseoir sur des banquettes en cuir plus à l’écart des projecteurs.

A l’avant, un écailler attire les amateurs de fruits de mer. Mais on peut également déguster des huîtres au restaurant, où le service est tout en souplesse.
Mme a choisi des valeurs sûres, une entrée de Saint-Jacques rôties, et un loup de mer qui était très bon, servi avec une purée de brocolis, puis une tarte au citron généreuse. L’accent est mis sur les fournisseurs du pays : vins de producteurs belges, café Ponti (un mélange de grains Pur Arabica, torréfiés par un maître torréfacteur belge), une sélection de bières belges (bouteille ou au fût).

After diner
Après ce dîner bien agréable, Mme a beaucoup ri dans les toilettes, à cause d’un effet trompe l’œil qui en a fait sursauter plus d’un. Elle a rejoint M. et une amie au sous-sol, pour terminer la soirée au bar, boire un cocktail en écoutant le DJ. Le cocktail signature du Belga Queen se nomme Lily's, c’est un gin belge, Buss 509, du jus de pamplemousse, du cidre rosé Goupil de Wignac, une purée de papaye maison et de l’origan.

Enfin, Mme s’est enfoncée dans un fauteuil en cuir au salon fumoir et s’est perdue en pensée sous les lumières tamisées. Monsieur ne s’est pas fait prier pour fumer le cigare et blaguer. Ce club intime, Le coffre (qui a conservé les coffres forts de l’ancienne banque) a quelque chose de cosy, de feutré.
Brasserie, bar à cocktails, à cigares, lounge club, écailler. Le Belga Queen a plus d’une carte à jouer.

M. a fréquenté l'endroit il y a quinze ans. A l'initiative d'un cadre supérieur dominateur et gominé qui utilisait le lieu pour rassembler son équipe, festoyer sous les auspices d'un team building, et qui finissait la soirée avec sa secrétaire, discrètement.

Le lieu était à la mode. M. en avait gardé un souvenir très contrasté.

Un espace superbe, visité quelques années pus tôt quand la Ville de Bruxelles promouvait l'achat de logement groupé et que cette ancienne banque de la rue Fossé aux Loups pouvait devenir ce que l'imagination et l'argent rend possible, et d'une ambiance un brin débridée et d'une table parfois approximative, n'en étaient resté que de vagues souvenirs. Le Belga Queen se cherchait. M. n'avait sans doute pas l'indulgence d'un quadragénaire et avait décidé de ne pas y retourner.

Les années ayant passé, et que le Belga Queen ait survécut 15 ans, ont motivé une réponse positive à une invitation de Mme. Dépasser ses réticences et s'y rendre.

La salle n'a pas changé, la majesté de l'endroit est intacte, les vitraux, les frises, le bar à droite, le tout dissimulé derrière un porte en fer ouvragé et une façade classique. Une alcôve, gigantesque.

L'acoustique est toujours déplorable et c'est ce que tous les commentateurs regrettent, mais le bruit c'est aussi la rançon du succès, qui ne se dément pas malgré le piétonnier et les craintes sécuritaires.

La table est de bonne facture, plats de brasserie contemporaine, cocktails au bar, produits d'origine belge, écailler, tout est possible. Et puis il y a les alcôves plus discrètes et secrètes encore: la salle des coffres recèle un fumoir et un bar créatif. Les toilettes font toujours sensation.

Quand on y est en bonne compagnie on y passe de bons moments. 

 

Belga Queen
Rue du Fossé aux Loups 32
1000 Bruxelles

T: 02 217 21 87

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29
juin

Restaurant JEF à Gand

MADAME

MONSIEUR

Mme trouve que ce petit resto a tout d’un grand, le dikke nek en moins. C’est-à-dire qu’il ne se prend pas au sérieux et n’a pas besoin d’un décor modieus (dernier cri et imposant, du style Volta) pour se faire apprécier.

JEF, c’est bon, c’est décontracté. Le service est cool, prend le temps de s’enquérir de vos désirs et de s’y tenir.

Mme s’est réjouie de ce repas, un maquereau fumé en entrée, puis du sébaste - noisettes - bettes et une sauce au jus de homard, huile de crabe, vinaigre et ail. Quel régal ! Et ce vin de Loire nature, Silex du domaine Didier Dagueneau à 32 €, bien minéral, bien sec.

Elle ne s’est pas fait prier pour prendre un café glacé. Coup de foudre, merci JEF.

 M. a tout aimé. Le service, la pils artisanale 13, les portions généreuses, la cuisine pas alambiquée mais avec du travail et de la variété dans le traitement d'un même produit (3 états d'asperges dans une même assiette avec du porc et une émulsion), ou cette bouillabaisse déconstruite où le bouillon est sauce, le poisson en filet et les légumes se la jouent chimichurri rouge, même le départ des voisins bruyants.

C'est très gezellig, décontracté, chic et agréable pour tenter d'approcher de cette coolitude nordique.

Une belle adresse ce J.E.F., acronyme de Jason en Famke, avec une équipe minimale en cuisine et en salle, à l'image d'un duo qui donne le meilleur de lui-même pour que le repas se passe sous les meilleurs auspices. 

De quoi entrer dans un mood festif et filer plus au centre encore boire des cocktails chez Jigger's ou The drifter...

 

J.E.F.
Lange Steenstraat 10
B - 9000 Gent

Tel. + 32 (0)9 336 80 58

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