13
octo

Nicolas Decloedt dans un temple antoiniste

MADAME

MONSIEUR

Mme est charmée par les hommes qui osent, rêvent, s’engagent. Nicolas Decloedt fait partie de ces Monomaniaques du produit, il chante le potentiel du légume.

Durant le mois d’octobre, il plante sa cuisine dans un décor singulier. Imaginez un temple Antoiniste, dont personne n’a jamais entendu parler. Les maximes religieuses vous accueillent, plus loin, des masques africains et des objets d’Océanie ; le lieu a été transformé en résidence- galerie. Nicolas a l’habitude de recevoir comme ça : on s’assied où l’on veut, on parle flamand, français, anglais, une serveuse glisse des assiettes polies par les ans, verse des vins naturels de toute beauté ou de délicats thés. S’ensuit une ode au végétal: soupe de feuilles de capucine, carottes, jus d’argousier, kéfir. Tomate noire de Crimée, granite d’huile d'olive de Sicile et fromage blanc de brebis, amandes et poivrons. Betteraves Chioggia séchées et réhydratées, émulsion d’estragon, betteraves marinées, sarrasin soufflé. Laitue Romaine Celtuce (ou Laitue Asperge, une variété asiatique méconnue chez nous) avec une note fumée. Chou pointu au barbecue, potiron beurre blanc, Berce. Crème caramel. Parfait glacé de reine des prés. Sablé chocolat sarrasin.

Mme se souvient, en vrac, de saveurs nouvelles, de croquant, de pureté. D’une discussion à  propos du stress des légumes et de l’optimisation de leur rendement. D’un chat roi, qui se laisse caresser. Des sourires autour de la table. Et du talent de Nicolas, qui, faut-il le préciser n’a pas d’attachée de presse mais une mailing list : il suffit de lui écrire et il vous ajoutera pour vous prévenir de son prochain repas.

M. a passé une excellente soirée dans un lieu qu'il ne connaissait pas, dédié à un culte dont il ignorait l'existence. Face à tant de nouveauté il fallait bien un peu de retrouvailles, de connu.

Un couple d'amis, Mme et Nicolas Decloedt officiaient sur ce terrain.

Pour une deuxième approche du chef, c'est la joie de découvrir ses légumes en robe automnale qui a transcendé la soirée. Dans le retour du nouveau encore...

Un choux pointu au barbecue, des betteraves que l'on prendrait pour des dattes ou des figues tant elles sont confites d'un jus concentré, des mousses de kéfir, des fromages de brebis minute, des vins troubles et naturels, ou dorés et translucides; des noires de Crimée, dernières tomates de la saison, du sucré en 3 temps pour finir... Au total une dizaine de propositions vont émailler une soirée faite de conversations sur les réfugiés espagnols de 36, les couples et le mélange des perceptions, l'ego dans la fusion, et l'incompréhension. La nostalgie de la jeunesse.

Une ambiance chaleureuse dans une salle cultuelle reconvertie en salle d'exposition d'art premier océanien et africain, un étrange contraste.

A 55€ vins compris c'est vraiment proposition généreuse et variée pour un somme très raisonnable.

Car Nicolas a l'oeil et de la mémoire, M. a récupéré son écharpe-cadeau de la Ministre Marghem, il ne la quitte plus, l'écharpe.

Merci Nicolas.

 

Humus Botanical Gastronomy
Nicolas Decloedt
Email:info@humusgastronomy.be
Tel: 0032 474 653706
PS : Il peut rester quelques places pour "Humus at the Temple" en octobre, alors n'hésitez pas à appeler. Les repas d'octobre ont lieu dans le Temple Antoiniste/la galerie Jan-Joris Visser, Boulevard Guillaume Van Haelen 132, 1190 Forest.

Tarif par couvert : 55€ vins compris.
Lire aussi notre premier article en 2015, à propos de Nicolas Decloedt et Humus Botanical Gastronomy

légume,resto,table d'hôtes,bruxelles,coup de coeur,moins de 75 euros,moins de 100 euros,moins de 120 euros,vins nature

légume,resto,table d'hôtes,bruxelles,coup de coeur,moins de 75 euros,moins de 100 euros,moins de 120 euros,vins nature

légume,resto,table d'hôtes,bruxelles,coup de coeur,moins de 75 euros,moins de 100 euros,moins de 120 euros,vins nature



 

 

 

 

08
sept

Peck 20, le brunch café qui revisite les œufs Bénédicte

MADAME

MONSIEUR

Mme  brunche le week-end, pour prolonger le plaisir de la grasse matinée et de mélanger sucré-salé, en lisant Le Monde au café.
Cappuccino, jus frais (épinards, pomme et fenouil), smoothies, salades… Chez Peck20, elle a succombé au concept all day brunch et à ses imparables eggs Benedict.

A la base, il s’agit d’un œuf poché, servi sur deux moitiés de muffin, recouvert d'une tranche de jambon, bacon ou de saumon et nappé de sauce hollandaise.
Mais qu’est-ce que Bénédicte vient faire là ? Si le Larousse gastronomique n’en parle pas, c’est de l’autre côté de l’Atlantique qu’il faut chercher : les œufs Benedict auraient été créés au 19e siècle à New York, soit au Delmonico's dans les années 30, soit au Waldorf Hotel en 1892. On hésite sur l’inventeur de l’œuf benedict : M. et Mme LeGrand Benedict l'auraient commandé en premier. Ou alors le fantasque Lemuel Benedict aurait demandé “des toasts beurrés, du bacon, deux œufs pochés et une sauce hollandaise pour soigner son hang over.

Peu importe, le plat est devenu emblématique du new-york chic, tout autant que le brunch. En 1895, l’écrivain Guy Beringer publie une ode à l’art du brunch, "gai et sociable, parfait remède contre la gueule de bois". Voilà qui est dit.

Alors, chez Peck 20, comment sont-ils ? Magnifiques ! Deux eggs benedict servis avec du bacon (ou du saumon fumé) sur une fine gaufre et avec une sauce piquante, du chorizo maison et du fromage de chèvre crémeux. Onctueux et légèrement relevé, cette tuerie se nomme Peck' s spécial (12€).

Enfin, le sandwich Cubano (11€), tout aussi  copieux est composé de porc mariné aux agrumes sous vide à 90 degrés. Bien aussi, le smoothie  Bowl Brazilian blasé (8€): baies d’açai,  orange, banane et granola maison.

Peck 20 c'est un chouette spot pour les longues "aventures" shopping dans le haut de la ville. On peut y manger des oeufs, des tartines, et y boire des limonades et des jus de fruit frais après l'heure habituelle des petits-déjeuners. C'est brunch à toutes heures en somme.

Des vins et des bières choisies, des gâteaux roboratifs, une déco récup' graphique. Le resto dispose d'une terrasse les beaux jours, sur l'avenue piétonnière.

Pour le tête-à-tête romantique on a tout intérêt à se lover au fond de la salle à droite, près du bar, la devanture et la terrasse étant plus propices à du posage qu'aux confidences.

Pour l'assiette M. a succombé aux œufs Bénédicte, deux muffins, deux oeufs mollets, de la sauce mousseuse (un brin relevée miam miam) et du bacon grillé. Une salade, une bière de la brasserie de la Senne, Merci, bonsoir on peut aller se promener dans le goulet, M. est d'attaque.

 

 

Peck20
Rue Jourdan 20
B - 1060 Saint-Gilles
Ouvert de 7h30 à 22h, pas de réservation.

peck20-brunch-bruxelles.jpg

resto, moins de 20 euros, moins de 50 euros, moins de 15 euros, brunch, petit dejeuner, bruxelles, coup de coeur

resto, moins de 20 euros, moins de 50 euros, moins de 15 euros, brunch, petit dejeuner, bruxelles, coup de coeur

 

 

 

20
mai

Comptoir des Galeries, resto, bar à vin et plancha

MADAME

MONSIEUR

Mme fréquente les restaurants lumineux, où l'on a le secret de la cuisine lisible, brute. Le chef Benjamin Lagarde réussit chaque plat comme elle l’attend, à l’aide de beaux produits. Au Petit Comptoir, on peut déguster des plancha de charcuteries à tomber (un bœuf Holstein mâturé, une burrata, et ce pâté en croûte fourni par le chef Julien Burlat…) avec un verre de vin au bar (entrée côté Galerie du Roi).

Et de l’autre côté, (entrée rue des Bouchers), on s’attable au restaurant ou en terrasse, à l’abri du bruit. Mme aime se laisser surprendre par un sommelier singulier. Elle a retrouvé avec bonheur l’ancienne de Bouchéry, Laëtitia Bogais, qui lui a fait aimer ses vins nature, dont ce rouge du Var, L’Antidote, du Domaine Les Terres Promises, 100% Carignan d'altitude, aux notes de fruits noirs et aux nuances poivrées. Le Kalkspitz, ce blanc pétillant et naturel, provenant d'Autriche. Sans oublier le Mas Las Cabes, ce vin blanc des Côtes catalanes (muscat, macabeu et grenache) bien minéral, aux notes d’agrumes, parfait pour l'apéritif.


De l’inventivité, de la délicatesse, du costaud, la carte fait plaisir à tous les appétits : il y a ce poulpe de Galice à la plancha, tomates, bergamote et oseille, et le toast salade de crabe, citron et herbes. Puis, le lieu jaune sauvage, ratatouille, jus de bœuf corsé. Et la pluma de porc ibérique (un muscle enveloppé d’une fine graisse savoureuse), mousseline de petits pois au lard Colonata, carottes glacées au cumin et sirop de Liège.La tarte au chocolat est dingue.

C’est un resto à recommander à ceux qui hésitent encore à sortir au centre de la capitale, malmenée après les terribles attentats. A l’étage, l’hôtel des Galeries se niche dans le secret des Galeries Saint-Hubert.

M. aime les Galeries royales Saint-Hubert, un joyau de la capitale. Ces trois passages commerciaux abritent quelques perles : Tropismes, une librairie mythique, Marcolini, un chocolatier réputé, Meert, le Mokafé, des bijouteries et le cinéma des Galeries. Le Vaudeville, aussi, premier lieu de projection cinématographique à Bruxelles. Et un Hotel avec restaurant : le Comptoir des Galeries.

Ici on a le choix : Soit on s'accoude pour un canon et une tartine. On craque pour les planches de cochonnailles : rillettes, boudin noir fumé, jambon contrebalancés par des pickles de chou-fleur. Canaille, vite fait bien fait.

Soit on s'attable et on fond pour un gigot d'agneau confit plusieurs heures, pappardelle, sauce tomate au four, olive Tagliache. Ca fond, mais ça fond si bien que seule la cuillère suffit pour venir à bout de la viande.

En dessert la tarte au citron et zeste de citron vert est un monticule de crème citron juché sur un biscuit sablé. La crème est ferme, acide sans excès, on y plonge une cuillère gourmande qui se désole au 13e passage d'en venir à bout. M. n'étant que modérément sucré, il se surprend à vouloir en commander une deuxième pour palier cette irrépressible envie d'en reprendre. 

Le conseil des vins est élégant et fin comme la silhouette et le caractère de la sommelière dont le charme ne trahit en rien celui des lieux, que du contraire.

Et quand on est repu de tant de délicatesses il reste à s'émerveiller de sortir dans les Galeries et de remarquer dans les vitrines du soir tel ou tel trésor que l'on n'avait pas vu avant d'aller s'attabler.

Et si l'on est encore en soif ou à vouloir discuter, les Galeries sont un carrefour entre la Grand-Place, la rue des Bouchers et la Mort-Subite qui offre les rares terrasses couvertes de la Capitale, par temps chaud et pluvieux c'est un avantage certain.

 

Comptoir des Galeries

Galerie du Roi, 6
B - 1000 Bruxelles
T. +32 2 213 74 74

resto,restaurant,bruxelles,coup de coeur,comptoir,vin,vin nature,biodynamie

 

resto,restaurant,bruxelles,coup de coeur,comptoir,vin,vin nature,biodynamie

resto,restaurant,bruxelles,coup de coeur,comptoir,vin,vin nature,biodynamie

resto,restaurant,bruxelles,coup de coeur,comptoir,vin,vin nature,biodynamie

 

08
févr

Le Cirio à Bruxelles depuis 1886

MADAME

MONSIEUR

Mme fréquente Le Cirio par moments, par vagues, depuis mille ans, quand la nostalgie d'un Vieux Bruxelles la prend, celle des brasseries hors du temps (feu le Falstaff en face a périclité, fermé, rouvert sans convaincre), elle y boit une flûte avec des amies, des touristes venus le week-end, avec Monsieur ou en famille. Le Cirio a gardé son charme d'antan : le chat du serveur, gros matou roux, dort sur une banquette et se laisse caresser, tandis que son maître goguenard verse un demi verre de mousseux et l'autre demi de vin blanc dans notre flûte; c'est la recette de l'apéro bruxellois par excellence, l'Half & half (3,75 euros).

Des bulles, de l'ambiance, quelques photos sépia, l'une avec Jacques Brel prise au Cirio, une autre avec Adamo. Les touristes affluent, mais les banquettes du fond accueille les amoureux, le badinage peut avoir lieu. Mme espère que jamais un décorateur tendance ne viendra revamper ce café étrangement désuet aux boiseries Art Nouveau. Impossible, ce monument est classé.

 

M. quand il donne rendez-vous au centre, quand il veut voir Annie Girardot et Brel, quand il se sent d'époque, pense au Cirio.

Taverne classique jouxtant la Bourse, les half-en-half, le service, le chat, le mobilier, les murs brunis participent à donner un cachet inimitable à l'endroit.

Une légère décrépitude guète, mais elle donne un lustre que d'autres ont perdu. Remis au goût du jour, d'autres flamboient d'une nouveauté suspecte que le Cirio ne prétend pas recouvrer.

Ici c'est d'époque, immuable...Et donc l'half est servi ras du bord, mêlant un blanc et un spumante faits pour la maison, aux murs des médailles de prix vantent les qualités d'un produit auprès de jurys belle époque... mais l'affluence de locaux et de touristes rassurent sur la valeur de trophées bien mérités.

 

Le Cirio

Rue de la Bourse, 18
B - 1000 Bruxelles
Tél. 02 512 13 95

bar, bruxelles, apéro, cocktail, sortir, coup de coeur

bar, bruxelles, apéro, cocktail, sortir, coup de coeur, chat

bar, bruxelles, apéro, cocktail, sortir, coup de coeur

bar, bruxelles, apéro, cocktail, sortir, coup de coeur