30
octo

Les trésors archéologiques d'Ephèse

 

Madame oppose au chant funèbre de Palmyre une Ode à la joie : Il faut visiter Ephèse !
Aujourd’hui plus qu’hier, ce site archéologique situé à 16 km de Kusadasi en Turquie mérite le voyage. Puisque les Barbares de Daech détruisent une à une les traces de l’histoire. Puisque les trésors de pierre s’effondrent sous la violence des extrémistes. Par curiosité. Par nostalgie face aux ruines des choses perdues, comme l’écrit Mathias Enard. Car refuser de connaître une autre culture que la sienne, c’est s’étouffer à petit feu. Mme continuera d’explorer Ephèse, Priene, Pergame, Troie, et bien sûr les sites de la Grèce antique… Personne n’effacera le leg immense de la civilisation romaine, grecque, hellénistique, à coup d’explosif.

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L’Empire romain d’Orient
Dès le IIe siècle, les Romains s’intéressent à l’Asie Mineure (ouest de l’actuelle Turquie) lors des guerres qui les opposent au souverain Antiochos III. Peu à peu, l’empire romain s’étend vers l’Asie : Pergame, la Cilicie, la Bithynie, la Galatie (peuplée de descendants de Gaulois), la Cappadoce, la Lycie et la Pamphylie… Ces anciennes provinces romaines font partie de l’actuelle Turquie. Rome s’étendra jusqu’en Syrie (Antioche, Palmyre), en Arabie (Petra) et en Egypte, et dotera ces contrées de routes, de canaux, de citernes, d’aqueducs et de monuments remarquables.
A l’époque, le sol de l’Anatolie regorge d’or et d’argent, convoités par les Romains. Sur ces faits fleurissent les légendes du roi Midas et du Pactole, et celle du richissime roi Crésus de Lydie…

Les Romains en Turquie
Pour bâtir leur empire, les Romains exploitent les carrières de marbre de la région (Chios, Paros, Synnada). Les blocs taillés sont transportés à Ostie par navire. En Asie, les élevages de moutons fournissent une laine de qualité, qui deviennent de beaux draps teints en rouge foncé (grâce au coquillage murex) portés par l’empereur et les dirigeants romains. Quant à la peau de mouton, elle se mue par un savant travail artisanal en précieux parchemin, spécialité de la ville de Pergame (pergamenè en grec).
Génies de l’architecture, les Romains embellissent de nombreuses villes grecques, hellénistiques ou lydiennes, réussissent à mélanger les traditions locales et leur talent de bâtisseurs. Ils parviennent à absorber les influences, à se les approprier puis à les transmettre.

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Ephèse
Il faut voir Ephèse, s’en imprégner, s’y promener (avec un chapeau en été). C’est l’un des grands sites archéologiques de Turquie, découvert au XIXe siècle. Capitale de la province d’Asie, cette cité prospère fondée par les Grecs vouait un culte à la déesse de la chasse, Artémis (Diane en latin). Les architectes romains agrandissent son théâtre, construisent des temples, ornent les ruent de colonnades. Ils ajoutent des aqueducs pour alimenter en eau les fontaines de la ville. La ville compte 250.000 habitants. Partout, de riches Ephésiens érigent leur maison, les décorent de peintures murales, de mosaïques au sol. Déambuler la grande rue de l’ancienne Ephèse est un éblouissement, l’éclatant témoignage  d’une civilisation de l’histoire européenne. Au cours de la visite (prenez un guide officiel, proposé à l’entrée du site) le moindre détail a son intérêt : ici, des tablettes de pierre avec des ronds, ancêtres du backgammon, là des latrines creusées dans des banquettes de marbre, là, des stèles évoquant le dieu de la médecine, le temple d’Hadrien, le théâtre romain…

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Diane aux mille testicules
L’un des plus beaux souvenirs d’Ephèse se concentre dans une statue. Artémis la cruelle et puissante déesse à Ephèse. Elle était le trésor du temple d’Artémis, rebâti sept fois selon la légende, en raisons d’incendies, détruit pour de bon en 263.  A Ephèse, Diane n’est pas représentée chaste, les pieds nus avec son carquois de chasse, ni avec sa robe ceinturée. Sa sculpture en pied dotée d’une grappe de ce qui ressemble à des mamelles marque les mémoires. Le corps d’Artémis semble emmailloté, elle porte sur la tête une lourde tour, et sur le buste et l’estomac, des grappes de testicules de taureau, animal sacrifié à la déesse et symbole de la fertilité. Auparavant, les archéologues disaient que c'étaient des mamelles... Cette sculpture serait donc hermaphrodite. Sur chaque bras, des lions et au bas de son corps, divers animaux et plantes illustrent la profusion des espèces. Cette représentation originale et fulgurante de la déesse aux milles couilles rappelle un culte primitif d’origine asiatique, mélangé de traditions égyptiennes. Un bel exemple de syncrétisme.

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La bibliothèque de Celsus
A Ephèse, la majestueuse Bibliothèque de Celsus est bâtie en 117 à côté de l’agora. Considérée comme la troisième bibliothèque la plus importante dans le monde romain, après celles d’Alexandrie (Egypte) et de Pergame (en Turquie, d’où provient le mot parchemin) elle a été érigée par Titus Iulius Aquila Polemaenus, en hommage à son père Tiberius Iulius Celsus Polemaeanus, sénateur sous Trajan. Le mécène, mort avant la fin des travaux, lèguera une somme de 25 000 deniers pour l'achat des livres en parchemins. Ses héritiers achèvent son œuvre pour créer une bibliothèque d’exception : 12 000 rouleaux, conservés dans des placards en bois encastrés dans les murs, détruits par un incendie.  Le monument a été relevé des décombres, il est tout simplement splendide. Sa façade s’élève sur 8 m de haut, avec ses 18 élégantes colonnes… Quatre statues représentent les qualités attribuées au défunt Celsus : la sagesse, la vertu, l’excellence (arété en grec) et la justice.


Site archéologique d'Ephèse. Ouvert de 8h à 19h dernière entrée, fermeture du site à 20h en été. Entrée 10 YTL.

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Lire aussi : nos autres articles sur cette région de la Turquie.

Reportage à Kusadasi par V. Nimal. Merci à Monsieur Murat Alicigüzel, Conseiller de la Culture et de l'Information Ambassade de Turquie et à Monsieur Özden Tacettin, General manager Korumar Hotel.

29
octo

Voyage à Kusadasi et Ephèse en Turquie

 

Madame voyage parfois seule. Elle aime les grands espaces, les mélanges de culture, de croyances, de traditions, les vieux villages en montagne, les sites antiques, les sourires autour d’un plat partagé, les criques de la mer Egée. De la Turquie, elle ne se lasse jamais, que ce soit Istanbul, la mégalopole aux confins du monde occidental et oriental, ou des merveilles de l’Anatolie (elle a déjà réalisé deux reportages comme journalistes, l’un portait sur Divrigi, les monuments seldjoukides et les madrasa du XIIIe siècle, classés UNESCO).

Alors que les terribles drames provoquant les migrations en Turquie font fuir les touristes, Mme insiste, creuse, persévère. Ce pays, ces gens, leur richesse, méritent mieux qu’un jugement à l’emporte-pièce. Plongée dans la fête de Bayram (ou fête du sacrifice chez les musulmans), elle a partagé la table de villageois autour du mouton. Le lendemain, elle a pénétré dans la Maison de la Vierge Marie morte à Ephèse, puis elle a visité les temples romains et la majestueuse Bibliothèque Celsus, pleuré en songeant à Palmyre, à la Syrie voisine, et à l'éradication des sites archéologiques par Daech. Elle a pénétré dans une église mi-orthodoxe, mi-mosquée, écouté les légendes millénaristes de villages préservés, d'autres détruits par les secousses sismiques, rencontré un scientifique ému par la disparition de la panthère d'Anatolie, un guide bon-vivant qui lui a fait découvrir les ruines de Priene...

Fin septembre, elle a farfouillé l’ouest de l’Anatolie dans les villages en altitude et le parc national de Dilek, elle a regardé le soleil se coucher sur la péninsule en dégustant les pieds dans l'eau une purée de fèves, un saganaki, un bar grillé et chaque fois, s'est exclamée : c'est Byzance ! Car le vrai luxe réside dans les détails.

Cap sur la Turquie bucolique, sa gastronomie, avec quelques bonnes adresses pour se loger et se restaurer en Anatolie et sur la mer Egée.

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Reportage à Kusadasi par V. Nimal.
Merci à Monsieur Murat Alicigüzel, Conseiller de la Culture et de l'Information Ambassade de Turquie et à Monsieur Özden Tacettin, General manager Korumar Hotel.

21
octo

Le partage et l’hospitalité turque pendant Bayram (fête du sacrifice)

Durant son périple en Turquie avec quatre journalistes, Madame a rencontré un bonhomme sympathique, Seydi Kaya, le muhtar (ou maire) du village Kirazli, dans l’ouest de l’Anatolie, près de la station balnéaire de Kusadasi. Kirazli est connu comme le village de la cerise, au goût acidulé. Fier de nous faire visiter son village dédié à l’agriculture biologique, le muhtar nous a également emmenés sur ses vignes.

Photo : vue de la vallée de Kusadasi, en approchant du village de Kirazli.

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Photo : Au café, sur la place du village, Mme a siroté un thé noir (tçai) en profitant de la tonnelle. On papotait des coutumes locales, de la façon de lire dans le marc de café. C’était la fin septembre, il faisait encore chaud.tradition,turquie,islam,musulmans,bayram,mouton,agneau,partage,culture,coutume

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Bayram
Par chance, Mme a pu assister à différentes étapes de  la fête Bayram (grande fête de l’Aïd ou du sacrifice, la plus importante fête chez les musulmans) et pénétrer dans de modestes maisons villageoises, où chaque famille préparait l’agneau. Cette fête commémore la soumission d'Ibrahim à Dieu. Dans le Coran, il accepte d'égorger, sur l'ordre de Dieu, son unique fils Ismaël. Après l’acceptation, Dieu envoie l'archange Gabriel (Jibrīl) qui substitue au dernier moment l'enfant par un mouton qui servira d'offrande sacrificielle. En souvenir de cette soumission d'Ibrahim à Dieu, les familles musulmanes sacrifient un animal (un mouton, une chèvre, un bovin) selon les règles en vigueur.

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Sous le regard d'Atatürk

Dans chaque foyer, la photo de Kemal Atatürk (le père de la Turquie moderne et occidentalisée) veillait sur ses habitants. Les sourires, les gestes de la main, accueillants, la gentillesse dans le regard, tous ces moments s’égrènent comme des souvenirs intenses. Aucune animosité, aucun stress chez les paysans. Chaque geste, pendant le sacrifice et le nettoyage de l’animal, était posé en fonction de traditions ancestrales. Le plus important durant Bayram, c’est que l’on partage l'agneau en trois : une partie pour la famille, une pour les voisins et une pour les  pauvres.

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Partager le Kavurma yufka
Avec la famille du muhtar de Kirazli, Madame a dégusté un plat typique de la fête Bayram, de l’agneau rôti et du pain.

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Photo : un villageois de Kirazli accepte de poser pour Madame.

Où manger dans la région de Kusadasi ?

Degirmen Restaurant, Ataturk Cad. Davutlar Yolu 4. Km. Kusadasi Merkez, Kusadasi.

Promenez-vous dans le parc privé (entrée 2 TL/pers.) pour admirer le moulin à vent, la végétation luxuriante, le lac et les animaux. Degirmen est un restaurant, un café et un magasin bio. Une grande  terrasse ombragée accueille les visiteurs et propose des spécialités turques. Tous les produits sont cultivés en bio et proviennent du domaine.

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 Lire aussi : voyage à Kusadasi et Ephèse.

19
octo

La cuisine turque et ses milles facettes

 


A table, en Turquie, c’est Byzance !
Byzance, ville d'Orient (renomée Constantinople puis Istanbul) dont la richesse et le luxe étaient proverbiaux.

L’expression signifie, pour Madame, le symbole du plaisir gourmand et de la profusion de petites assiettes à table. La cuisine turque est l’une des meilleures au monde. A l’époque ottomane (notamment au palais de Topkapi à Istanbul), la cuisine a connu un développement tel qu’elle s’est enrichie de nombreuses recettes qui ont perduré dans le bassin méditerranéen.

Du copieux petit déjeuner au souper
En Turquie, un festin vous attend à chaque repas. Non seulement les fruits et les légumes gorgés de soleil ont du goût, mais ils font partie de chaque repas : tomate, oignon, piment, raisin, cerise, citron, grenade, mûre blanche, figue... sans oublier les bettes ou blettes locales (belledye). Si vous séjournez à Istanbul, Madame vous suggère de goûter aux "couilles de renard", un délice en forme de glace : ces salep sont préparées à partir des bulbe d'orchidées de la région. De là leur nom, par la ressemblance avec des couilles de renard. Attention aux contrefaçons, les vraies saleps artisanales sont plus chères.

Spécialités
Pour quelques lires turques, Mme se rassasie de pain au sésame croustillant ou de pain pitta (nawash), de pain au pois chiche ou de crêpes farcies (gozlame), d’une soupe (çorba) de lentilles, d’un plat de viande comme les huvarlama boulettes agneau (certains comme le tawuk sac kavurma sont dégustés dans la poêle avec du riz ou du boulguour), de pâtes (adorables raviolis manti), de légumes farcis (dolma) et les feuilles de vignes que l’on retrouve en Grèce, de brochettes grillées (kebap), divers  feuilletés (börek), plats de riz (pilav) et les irrésistibles pâtisseries (baklava au miel, lokum, künefe, helva)…

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Photo : plat de la fête du sacrifice, partagé avec la famille et les voisins.

Le raki et la bière
Pour l'apéritif, la boisson anisée, le raki, servi bien frais fait concurrence au un verre de vin local ou à la bière Ephès, une pils désaltérante.

Le vin turc
Il n’est pas rare de boire du vin en Turquie, même si l’alcool est la cible des taxes gouvernementales et des intégristes musulmans. Si l’envie de découvrir un vignoble (et de vous mettre au vert) vous prend, n’hésitez pas à réserver une table au Restaurant et domaine viticole Yedi Bilgeler et à demander la visite des caves.

Lire aussi notre article : Voyage à Kusadasi et Ephèse.