30
mai

Stirwen restaurant bruxellois

MADAME

MONSIEUR

Mme s'émerveille d'avoir le cœur qui bat soudain plus vite, la fourchette suspendue à la lèvre, la glotte muette d'admiration : c'est l'effet d'un plat composé d'asperges vertes (de chez Longlune à Jurbise) épaisses, parfaitement cuites, dialoguant avec trois huîtres (creuses Tatihou, Ste-Maure de Touraine) deux crues, une pochée, une sauce au beurre blanc, quelques grains de crumble de noisettes pour le croquant et de l'avocat grillé. Dans ce moment de grâce s’équilibrent et se renvoient les saveurs, au final l'huître est sublimée par la minéralité d'un Montlouis-sur-Loire (Franck Breton, Les Caillasses, 2014, 41 euros) aux notes de pomme, typique du Chenin blanc.

Pour l'avant et l'après, elle se souvient de mises en bouches titillantes, mousse de burrata, anguille fumée,  pesto  frais de basilic, fleur sel puis un velouté de carotte, chorizo, amande et abricot. D'un tendre veau élevé sous la mère, du pays de Chimay, cuit en basse température, légumes
printaniers.

Et d'un adorable Gâteau de Gènes, aux pistaches, couronné de fraises, de pépites de chocolat blanc et de basilic, caressé par un vin blanc doux, à l'acidité surprenante, Rueda, Apasionado de José Pariente 2013.

Et l'ambiance? Classique. Une palette de grège, de gris perle, de beige, des nappes blanches, un escalier stylé.

 Le coup de cœur de la saison ?

 

PS: Cher papa, la prochaine fois je t'y emmène : ils ont une vraie Dame Blanche à la carte !

M. trouve au quartier Jourdan des airs de place de village. Pas quand la place est éventrée pour travaux, mais bien quand le marché dominical y prend ses aises, ou que l'on y va pour déguster une frite en terrasse. Dans les rues alentour, quelques bonnes tables font la nique au fritkot en marbre de la place et cela permet à chacun d'y trouver son plaisir selon ses envies et la taille de sa bourse.

Du côté des restaurants gastronomiques, le Stirwen est une table à visiter. Axé sur le travail des produits de saison, le chef apporte une touche d'inventivité ou un soin et une attention pour les détails qui font de chaque dégustation une surprise; au plaisir gustatif s'ajoutent des questions sur ce qui est proposé à nos appétits.

De belles combinaisons. Un vitello tonato, tout en légèreté d'une sauce servie siphonnée, la viande traitée comme des ravioles, farcies d'une brunoise de tomate et de fromage frais, des mousses de câpres et du formage vieux. Superbe.

Un poisson du marché suit, un lieu rôti sur peau avec un risotto.

Les tables sont un peu proche, ce n'est pas grave si on a la chance d'être en bonne compagnie, c'est un peu gênant si l'on veut se laisser aller aux confidences.

La maison Stirwen a changé de mains et les 2 trentenaires aux commandes ne déméritent en rien, le service est charmant, souriant, la cuisine impeccable. Les portions à la carte roboratives, le menu bien structuré.

Stirwen
Chaussée Saint-Pierre 15-17
B - 1040 Etterbeek
Tél. : 02 640 85 41
Menu découverte 60 € (+ 30€ avec les vins) 4 services.
Menu dégustation 80 € (+ 40 € avec les vins) 6 services.
Ouvert du lundi au vendredi. Fermé le WE.

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20
mai

Comptoir des Galeries, resto, bar à vin et plancha

MADAME

MONSIEUR

Mme fréquente les restaurants lumineux, où l'on a le secret de la cuisine lisible, brute. Le chef Benjamin Lagarde réussit chaque plat comme elle l’attend, à l’aide de beaux produits. Au Petit Comptoir, on peut déguster des plancha de charcuteries à tomber (un bœuf Holstein mâturé, une burrata, et ce pâté en croûte fourni par le chef Julien Burlat…) avec un verre de vin au bar (entrée côté Galerie du Roi).

Et de l’autre côté, (entrée rue des Bouchers), on s’attable au restaurant ou en terrasse, à l’abri du bruit. Mme aime se laisser surprendre par un sommelier singulier. Elle a retrouvé avec bonheur l’ancienne de Bouchéry, Laëtitia Bogais, qui lui a fait aimer ses vins nature, dont ce rouge du Var, L’Antidote, du Domaine Les Terres Promises, 100% Carignan d'altitude, aux notes de fruits noirs et aux nuances poivrées. Le Kalkspitz, ce blanc pétillant et naturel, provenant d'Autriche. Sans oublier le Mas Las Cabes, ce vin blanc des Côtes catalanes (muscat, macabeu et grenache) bien minéral, aux notes d’agrumes, parfait pour l'apéritif.


De l’inventivité, de la délicatesse, du costaud, la carte fait plaisir à tous les appétits : il y a ce poulpe de Galice à la plancha, tomates, bergamote et oseille, et le toast salade de crabe, citron et herbes. Puis, le lieu jaune sauvage, ratatouille, jus de bœuf corsé. Et la pluma de porc ibérique (un muscle enveloppé d’une fine graisse savoureuse), mousseline de petits pois au lard Colonata, carottes glacées au cumin et sirop de Liège.La tarte au chocolat est dingue.

C’est un resto à recommander à ceux qui hésitent encore à sortir au centre de la capitale, malmenée après les terribles attentats. A l’étage, l’hôtel des Galeries se niche dans le secret des Galeries Saint-Hubert.

M. aime les Galeries royales Saint-Hubert, un joyau de la capitale. Ces trois passages commerciaux abritent quelques perles : Tropismes, une librairie mythique, Marcolini, un chocolatier réputé, Meert, le Mokafé, des bijouteries et le cinéma des Galeries. Le Vaudeville, aussi, premier lieu de projection cinématographique à Bruxelles. Et un Hotel avec restaurant : le Comptoir des Galeries.

Ici on a le choix : Soit on s'accoude pour un canon et une tartine. On craque pour les planches de cochonnailles : rillettes, boudin noir fumé, jambon contrebalancés par des pickles de chou-fleur. Canaille, vite fait bien fait.

Soit on s'attable et on fond pour un gigot d'agneau confit plusieurs heures, pappardelle, sauce tomate au four, olive Tagliache. Ca fond, mais ça fond si bien que seule la cuillère suffit pour venir à bout de la viande.

En dessert la tarte au citron et zeste de citron vert est un monticule de crème citron juché sur un biscuit sablé. La crème est ferme, acide sans excès, on y plonge une cuillère gourmande qui se désole au 13e passage d'en venir à bout. M. n'étant que modérément sucré, il se surprend à vouloir en commander une deuxième pour palier cette irrépressible envie d'en reprendre. 

Le conseil des vins est élégant et fin comme la silhouette et le caractère de la sommelière dont le charme ne trahit en rien celui des lieux, que du contraire.

Et quand on est repu de tant de délicatesses il reste à s'émerveiller de sortir dans les Galeries et de remarquer dans les vitrines du soir tel ou tel trésor que l'on n'avait pas vu avant d'aller s'attabler.

Et si l'on est encore en soif ou à vouloir discuter, les Galeries sont un carrefour entre la Grand-Place, la rue des Bouchers et la Mort-Subite qui offre les rares terrasses couvertes de la Capitale, par temps chaud et pluvieux c'est un avantage certain.

 

Comptoir des Galeries

Galerie du Roi, 6
B - 1000 Bruxelles
T. +32 2 213 74 74

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12
avri

Festival The Fork jusqu'au 24 avril 2016

 

Le printemps pointe le bout de son nez. Enfin pouvons nous sortir du tunnel hivernal terrifiant et sanglant qui nous a fait déserter les restaurants et terrasses. Cette action devrait aider les restaurateurs bruxellois à retrouver la fréquentation qu'ils méritent.

Pour motiver chacun à profiter des belles tables de la Capitale, The Fork réitère son Festival. Plus de 150 chefs de Bruxelles et alentour proposent des menus spéciaux à prix planchers ou consentent 50% de rabais sur l'addition hors boisson. Certains sont très connus et cotés au Gault&Millau: Le Chalet de la Forêt, Seagrill, La Villa Lorraine, Le Coriandre, Bouchéry, San Daniele...

Notre coup de cœur du printemps
Au rang des grandes tables rendues accessibles, on pointera le sublime restaurant gastronomique de David Martin, La Paix (photo) qui propose un menu 6 services en lunch pour 70€ ou Bozar qui propose 3 services et coupe de Champagne pour 39€. Et de nombreuses tables à -50%.

Profitez-en sur www.thefork.be ou via l'application sur smartphone pour réserver votre table à prix réduit, en quelques clics.

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06
mars

Laure Genonceaux ouvre le restaurant Brinz’l à Uccle

MADAME

MONSIEUR

Mme se demandait ce qu’il adviendrait de cette fameuse enseigne uccloise, rue des Carmélites, au numéro 93. Après que d’illustres chefs y ont éclos, Christophe Hardiquest avec Bon Bon puis Stefan Jacob chez Vadouvent, on attendait la relève. C’est une femme, Laure Genonceaux, qui reprend l’espace. Son restaurant est à son image, chaleureux, bien trempé : il s'appelle Brinz’l (ou brinzelle : "aubergine" en créole) du nom d’une croquette dorée fourrée à l’aubergine, que l’on sert sur l’ile Maurice et qui nous a été présentée en amuse-bouche. Belle entrée en matière.

Belge, d’origine mauricienne par sa mère, Laure a plus d’une épice dans son sac. Et de l’expérience, puisqu’elle vient, justement, de chez Bon Bon. Ses mises en bouche osent la lente progression vers le bouquet d’étincelles, la gradation des échelles restant néanmoins accessible.

Mme adore ses sauces, dans lesquelle on trempe les gambas (servies avec une purée de patate douce et des légumes crus au curry) et la généreuse béarnaise, qui accompagne un tendre bœuf Holstein mâturé vingt jours. Ses petits navets glacés, fondants, ses légumes croquants, tout claque. Enfin, pourquoi se priver de dessert, si vous savez qu’ils sont irrésistibles? Mme a cédé sous l’appel du Paris-Brest, sa spécialité, servi en trois pièces, crémeux,  copieux. 

M. a suivi Mme dans ses envies de retourner rue des Carmélites, 93. Ce restaurant de coin à Uccle porte chance à ses exploitants. Pour l'instant Brinz'l suscite des curiosités, la presse en parle, les Ucclois se pressent. Le menu 3 services du marché est à 50€ (il était à 45€ en février), on peut aussi piocher dans une carte qui propose des choix éclectiques sans être pléthoriques, on est dans la diversité du fait maison, contrôlée, juste. 

Ravioles crevettes grises / bisque vadouvan, en entrée. Croustillant de lotte / jambon ibérique / beurre aux herbes pour plat. Un baba en dessert.

Un vin coup de cœur est mis en avant et offre au juste prix des surprises agréables.

C'est bon, c'est bien fait, l'endroit rappelle d'excellents souvenirs, les tables étant proches on peut nouer des contacts avec ses voisins et faire connaissance, il y a décidément une belle énergie dans ce lieu. Gustativement, M. espérait un peu plus de personnalité dans la cuisine de Laure Genonceaux, des goûts plus tranchants, plus exotiques. Sa cuisine est fine, d'inspiration classique avec un traitement actuel. Il n'y a pas de parti pris "mode" si ce n'est la qualité et c'est tant mieux !

Laure Genonceaux donne un Atelier culinaire chez Mmmmh dimanche 13 mars 2016, de 18h à 20h30 à Bruxelles.

Restaurant Brinz'l
Rue des carmélites, 93
B - 1180 Bruxelles
Tél. +32 (0) 2 218 23 32
brinzlrestaurant@gmail.com

Découvrez notre portrait de Laure Genonceaux et sa recette signature : le rougail

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Mise à jour du 12 septembre 2017 : Laure Genonceaux est élue Lady Chef 2017 et nous publions une interview sous forme de portrait de la cheffe