28
sept

Au Phil des Saveurs à Namur

MADAME

MONSIEUR

Mme voulait voir Namur et flâner près du Casino, au bord de la Meuse. C'est là qu'une adresse s'échange de bouche à oreilles. Au Phil des saveurs. Comme au jardin, l'automne n'ait pas encore sévi, Mme accepte d'y prendre place.

Les mises en bouches séduisent : granité au piment d'Espelette et tartare de thon, parfait. Pus tard, une vichyssoise de pois à la menthe procurera un coup de fraîcheur au gosier.

Dans le menu Phil (35 €) Mme trouve les langoustines à son goût, nappées d'un crumble pistache, mousse de betterave rouge et de copeaux de citron vert. Le croquant est là, les saveurs s'accordent. Le veau cuit rosé, et son espuma de vitellottes sont servis avec de jeunes oignons et de fines asperges vertes (japonaises ?). Mme apprécie le jus de viande, salé à point.

Le plateau de fromages de la Petite ferme est exquis, et le vin rouge espagnol (Gibraltar) de belle tenue. Ah, Mme oubliait, le chef est espagnol.

Pour finir, une glace basilic, avec une infusion glacée aux fleurs de samba avec des morceaux d'ananas découpés simplement ne convainc pas. Une coupe de Gamay perlé relève le dessert.

Mme aurait dû goûter au pain perdu poivre noir.

Sinon, l'adresse est bien, il faudra revenir pour tester le menu tout homard et champagne.

Comme tous les vendredis, Monsieur avait envie de fromage. La carte d'au Phil des Saveurs semblait offrir des possibilités avec sa salade de chèvre revisitée, mesclun de jeunes pousses et son assiette de fromages affinés par La Petite Ferme à Erpent qui, dans le domaine, est une référence européenne.

Le menu tout homard (58€) avait bien l'air aguicheur, mais l'idée de faire une verticale de crustacés ne l'a pas emporté sur cette tenace envie de fromage. Le menu à 35€ qui au vu de sa composiiton est une bonne affaire, n'allait pas plus répondre à l'envie du moment. Va donc pour la carte. Un duo de ris de veau et langoustines, mousse de pomme de terre violette, artichauts et jus brun allait complèter ce tableau fromager.

L'accueil est chaleureux, on nous guide vers le jardin, une cour couverte d'un auvent et munie de chaufferettes. Le vin nous est très judicieusement conseillé.

L'apéritif est servi avec de délicieuses gougères (pâte à choux) au parmesan. Une mise en bouche sous la forme d'un tartare de thon apporte un peu de fraîcheur et nous met en appétit.

Les entrées arrivent.

M. déchante devant un canapé de chèvre cendré napé d'un sirop, de la roquette hachée et des tomates cerises. La revisitation reste très sommaire, le canapé s'est chargé de l'humidité du fromage, le pain n'ayant visiblement pas été toasté, l'assiette manque de croquant, de tenue. Les goûts sont plaisant mais les mandibules ont l'impression d'avoir été oubliées à la fête.

Le plat suit.

Le duo de ris de veau et langoustines est copieusement servi, la mousse de pomme de terre violette abondante, les artichauts grillés sont superbes et le jus brun en bonne quantité, ni trop présent ni trop discret. Toutefois l'assiette pèche aussi par un éventail de textures trop fermé. A nouveau, cela manque d'une certaine mâche, d'une ossature qui donnerait à l'assiette un relief plus marqué.

M. compense son envie de croquant sur le pain maison, chaud sorti du four qui fait merveille avec l’assiette de fromages affinés par La Petite Ferme.

Arrive le dessert.

Mille-feuilles d’abricots confits. Il s'agit plutôt d'une série de bouchées composée de deux palmiers (biscuit feuilleté) et d'une mousse à l'abricot. Pour le coup le croquant est là mais l'adéquation entre le descriptif et le plat avait fait naître une attente différente plus proche du rectangle de pâte, fourré et glacé.

M. a donc un sentiment mitigé en fin de repas, très bonne nourriture mais proposée dans des assiettes à la composition incomplète. Philippe Garcia fait une excellente cuisine mais celle-ci manque aux yeux de M. d'un cap, d'un parti pris clairement affiché, tranchant entre les inspirations méditerranéennes, le classicisme, la fusion terre-mer et qui donnerait à son travail un relief certain.

au_phil_des_saveurs-pano.jpg

menu 35€,menu 58€,homard,fromage,crustacés,saveurs,vin espagnol,moins de 55€

Au Phil des Saveurs

Avenue de la Plante 4
5000 Namur
081/64.04.44

Fermé le mardi et le mercredi

19
sept

Carcassonne et son Jardin de l'Evèque

MADAME

MONSIEUR

Mme est fâchée. Très fâchée avec Carcassonne. L'été, c'est l'enfer. Trop de touristes, trop de boutiques à souvenirs made in China, trop de touffeur.

Alors trouver un restaurant dans cette cité médiévale relève carrément du défi ! Malgré la mise en garde de notre hôte Bernard, qui tient l'agréable Demeure Saint Louis, un Bed & Breakfast parfait, Madame a voulu faire sa maligne.

Suivant les conseils du Guide vert Michelin, elle s'est dit que dîner au Jardin de l'Evèque serait bien agréable. Erreur! Madame a commandé des Côtes d’agneau des Pyrénées grillées, gnocchi de polenta aux olives et parmesan (20€). La polenta ressemblait à un carré de chewing gum ! Sans parler du dessert sorti du congélateur (Abricot du Roussillon poché au romarin, crème fouettée au lait d’amande et pain de Gênes (9€) sans intérêt. Le menu truffé de fautes n'était pas clair; le résultat dans l'assiette rebutant.

Irritée mais téméraire, Madame a fait un saut en cuisine pour rencontrer le responsable de ce gâchis, un chef d'une vingtaine d'année, sans doute en stage d'été. Qu'importe, c'est une soirée ratée.

C'est sûr, Madame ne suivra plus aveuglément les petites adresses du Michelin.

Une note positive ?
Mme a aimé les olives Lucques à l'apéro et le pousse-café fluo au joli nom de Micheline. Si ça lui prend, M. vous en parlera.

La ville touristique est un exercice de style. Faire vivre sur une saison les marchands du temple, les opérateurs touristiques, les restaurateurs et hoteliers; et contenter les touristes venus découvrir un lieu mythique à la va vite. Il est clair qu'à Carcassone l'équilibre est précaire.

Le visiteur moyen y passe 4 heures, cherche principalement une expérience médiévale et dans la région le cassoulet est roi. Si ce paradigme vous parle la Cité de Carcassone saura vous séduire, si vous cherchez à creuser, si vous voulez manger autre chose vous risquez d'être déçu. Personne ne se donne la peine de faire plus que ce qui est attendu, un bien triste strict minimum. 

Ville ravalée au 19e s. selon le point de vue d'un architecte qui se faisait son idée de la ville médiévale; on ne sort pas de ce schéma directeur 150 ans plus tard. 

Et la table ? Mme & M. ont opté pour le jardin de l'Evèque, une terrasse ombragée où s'affairent des apprentis serveurs sous l'oeil austère d'un maître d'hôtel expérimenté. Affublée d'un Bib gourmand, au grand air, elle semblait convenir à un dîner d'après canicule. Funeste erreur d'apréciation.

M. n'a pas trop envie de décrire l'enchaînement de mauvaises surprises, mais au final à force de renvoyer les entrées ("Grosse brochette de gambas, taboulé maison à la menthe fraîche, tomates cerise en salade" (16€).) et d'argumenter le pourquoi ce qui est dans l'assiette est une insulte aux descriptions de la carte, le maître d'hôtel a consenti à passer au bleu une partie de l'addition. 

90€ pour mal manger, se prendre la tête avec le personnel, il est des meilleurs souvenirs de vacances.

Restaurant Le jardin de l'Evèque
Rue Saint-Louis
Carcassonne, France
Tél. 04 68 71 98 71

moins de 50 euros,resto,colère,fâchés,jarsin,terrasse,bib gourmand,michelin,sud,midi

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17
sept

Crystal Lounge, restaurant du Sofitel Louise

MADAME

MONSIEUR

A l’occasion, Mme avoue un penchant pour les grands hôtels. Une impression de voyager rien qu’en poussant la porte ; la faune internationale, sapée et chuchotant, le maître d’hôtel à l’accent français, prévenant, et dans le meilleur des cas… un décor d'Antoine Pinto et un vrai bar à cocktail pour prolonger les meilleures soirées.

Pour l’heure, Mme trinque avec M. autour d’un cocktail nommé Bora Bora, accompagné d’un bonbon moléculaire qui fond en bouche, brrr ! Spectaculaire !
Qui est le nouveau Chef ? Adwin Fonteyn, un Néerlandais (25 ans de métier dont 5 à Paris, débarqué à Bruxelles au printemps).

Afin d'offrir un panorama de son talent, il a rassemblé ses spécialités de poisson en une seule assiette. Bar tomate et vinaigre, classique et méditerranéen, très bien. Sandre fumé et ses asperges fines, dément ! Croquette de risotto fourrée au Roquefort et sauce soja… Mme succombe.

Reste encore une aumônière de parmesan, gambas et légumes croquants.  Pour le dessert, une soupe de fraises et glace vanille relevée au Loupiac. Soupirs de plaisir. On continue au bar à cigares ? Mme est partie pour une soirée d’enfer au Sofitel Brussels !

La suite au prochain épisode : comment Mme a goûté les meilleurs cocktails du Crystal bar.

M. aime aussi le dessus du panier. Les lieux où il convient de se couler dans l'atmosphère, succomber au chic, mener grand train.

Le Crystal Lounge est un spot de cette trempe là. Espace lounge, restaurant d'hôtel, bar à cocktails, fumoir à cigare, brunch d'anthologie tout concourre à laisser de bons souvenirs des moments passés ici.

L'équipe est charpentée autour de deux piliers, un chef expérimenté qui connaît bien la gastronomie du Nord, particulièrement le travail du poisson et le barman qui invente et innove.

On peut sans risque de déception faire confiance au chef pour les poissons à la cuisson parfaite, ainsi que pour son travail des légumes qui gardent un croquant et une couleur appétissante, malgré une cuisson maîtrisée.

La carte des vins surprend parfois par sa cherté.

Toutefois de bonnes surprises à des prix abordables peuvent y être dénichées. Dont ce Rouchefer 2010, domaine Mosse, un vin blanc d’Anjou surprenant.

 

Crystal Lounge
Sofitel Le Louise Brussels,
Av. de la Toison d'Or 40
1050 Ixelles
http://crystallounge.be/

Mme & M. aiment aussi
Le brunch familial du dimance reprend dès le 9 septembre. Notre avis sur le brunch en famille ici. resto, gastronomie, chef, hotel, terrasse, design, bar, cocktails poisson, lounge

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10
sept

Rouge Tomate, un peu de New York à Bruxelles

MADAME

MONSIEUR

Mme, à l'occasion de sa quatrième visite, avait envie de critiquer Rouge Tomate (juste pour l'exercice) or ce fut impossible.

Primo, le service, international, élégant, bref impeccable, même quand on hésite à traduire bottarga en poutargue et que Mme insiste (elle veut toujours avoir raison) et qu'on le lui concède : la poutargue (oeufs de poisson séchés, rares) en copeaux sur le risotto al dente est divine. La coupe de Roederer très bien et le pain aux graines de lin du Saint-Aulaye aussi.

Secondo, pour le goût dans l'assiette, en finesse, dans les jeux de correspondances : la salade d'herbes et de fleurs, carottes et cumin, moutarde ancienne, vaut bien un poème. Une explosion de saveurs met Mme en appétit.

Tertio, le dessert à base de pistache et de concentré de cerise a tellement plu à Mme qu'elle a goûté celui de M. pour voir si c'était mieux. Et oui !

Quarto, le sommelier, n'hésite pas à faire goûter ses surprises, tel ce Saumur pétillant Zéro pointé, léger et fruité comme un bonbon sur la langue.

Après un choix ardu entre cafés et tisanes de grandes maisons, le chef Alex Joseph - from New York - vient saluer les convives et sonder leur opinion. Mme est séduite !

M. à l'occasion de sa seconde visite, trouve toujours le service charmant, cosmopolite, matiné d'accents de toutes les parties du globe. Un luxe.

Un luxe aussi,  l'établissement qui s'offre les services d'un sommelier, il faut en profiter, pour sortir de l'ornière de l'habitude et se laisser porter par des conseils tout en comparaisons, métaphores éveil de la curiosité.

M. n'aurait jamais cru qu'il puisse prendre du plaisir avec un rouge de Moselle pour accompagner un King Crab aux tomates suivi d'une balotine de veau et ses haricots d'été.

Et M. apprécie la visite du chef US en fin de service, un moment pour récolter les impressions et échanger sur la table qui dénote une humble curiosité et qui fait plaisir aux hôtes.

L'assiette justement propose des produits de première fraîcheur, des tomates au comble de leur maturité, des haricots cuits à la perfection, du veau goutû, des poissons et crustacés surtout qui sont le dada assumé du chef.

Seule la musqiue lorsqu'elle devient up-tempo, un brin boumboumesque a tendance à taper sur les nerfs de M., une salle si vaste et si visitée, produit déjà son propre tumulte, inutile d'en rajouter. 

 
Nota Bene
Rouge Tomate propose une cuisine et des vins qui mettent en avant le respect de l'environnement, par une production durable/responsable/raisonnée. Une assiette qui permet aussi de se faire du bien puisque la diététique n'est pas oubliée.

Budget
Comptez 200 € pour deux personnes, trois services, une coupe de champagne et vins délicats.
 
Avenue Louise, 190
1050 Bruxelles
Tél.  02 647 70 44
Email: info@rougetomate.be
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