04
avri

De Mayeur, de l’or dans l’assiette

MADAME

MONSIEUR

Mme ne se souvient jamais du goût singulier des jets de houblon. Chaque année, c’est l’interrogation. Comment le cuisiner ? Cette fois, elle préfère s’en donner à cœur joie chez Patrick Vandecasserie, un as de l’art d’accommoder les jets de pleine terre. Impossible d’oublier ce goût désormais ! Plus elle mûrit, plus Mme se laisse charmer par l’amertume et le croquant. Considéré comme l’or du Pajottenland (180 € le kilo tout de même), ce jet pointe la tête hors de terre en mars et perdure parfois en avril selon le climat. 

Comment le chef les travaille ? Sous forme de condiment, piqué ça et là, dans un risotto, relevant un consommé de homard, que Mme trouve délicat même froid. On les déguste aussi simplement avec un œuf poché et une mousseline, avec du skrei de saison ou de l’agneau de lait. 

La cuisine de Patrick séduit par sa générosité et son honnêteté. Mme et M. ont échangé leurs compliments avec de charmants foodies à la table voisine. 

Ambiance feutrée de fermette à charpente apparente, décorée dans une palette perle et neige.

M. aime les histoires de familles et la bonne cuisine. Chez les Vandecasserie on allie les deux fort bien et depuis fort longtemps.

Le père a marqué la gastronomie belge en officiant derrière les fourneaux du premier triple étoilé hors de France. Le fils, après avoir suivi son père, a décidé de faire rayonner sa cuisine depuis une charmante maison brabançonne aux confins de Ruisbroek, à un jet de houblon d'Uccle. 

Patrick Vandecasserie propose une cuisine de saison et de produits d'exception, ce travail de tradition s'accomode de jeux de présentation avec les dernières créations des verreries Durobor (voir ici).

Si la météo le permet, le chef propose à la carte des jets de houblon de pleine terre. Une délicatesse de début de saison, la primeur par excellence.

En menu pour avril l'asperge est au centre de toutes les compositons (65€ sur commande).

A la carte et à la table d'à côté une cannette grésillait dans son plat et les convives semblaient ravis. Tout comme nous.

De Mayeur Restaurant
Fabriekstraat 339 
1601 Ruisbroek 
02 331 5261 
NB : n'hésitez pas à téléphoner pour commander le plat de votre choix et vous assurer de l'arrivage des produits.

Fermeture le mercredi. Parking privé.

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22
mars

Uccle : Il Monticelli nouvelle mouture

MADAME

MONSIEUR

Mme le confirme, Monticelli c'est bien. D’abord ce n’est pas cher du tout : en fin de mois, c’est le genre d’adresse qu’on se refile entre copains. Ensuite, ça ne frime pas. Tout est simple, goûtu, vrai. Les gens y vont en famille, entre potes, à toute occasion, pour une pizza ou un plat selon l’inspiration du chef.

Un peu bondé, un peu bordélique, ce petit resto sent l’authentique. Tout le monde donne un coup de main et parfois on risque d’attendre, vu le monde.

Que dire de la fior di latte ? Un poème ! Michaël a l’art de se faire livrer les produits d’artisans exceptionnels, comme ce fromage à pâte filée au lait de vache, qui coule dès que l’on pique une fourchette. A partir d’un artichaut violet, le chef vous fait un risotto mémorable, gluant mais pas trop, al dente mais pas trop. Le vin du patron ? On le boit les yeux fermés.

Des amies de Mme se plaignent de l’attitude désinvolte des garçons de la famille Monticelli. Il ne faut pas s’attendre à un service en jaquette.

Si vous débarquez l’air énervé, pressé d’en finir avant même d’avoir papoté des produits du marché, ça risque de mal se passer. En épiant les conversations des tables voisines, Mme en conclut qu’elle n’est pas la seule à apprécier.

Lire aussi : notre précédent article sur le restaurant Il Monticelli (à Saint-Gilles).

M. a toujours un grand plaisir à pousser la porte du restaurant de la famille Monticelli. Cadre différent, commune huppée, mais même équipe (2 frères, Michaël en cuisine et Fabio en salle, avec le père derrière le bar) complétée par une nouveauté de taille : le pizzaïolo qui se rêve champion du monde.

La carte décline toujours 3 entrées et 2 plats, plus une gamme resserrée de 4 ou 5 pizzas. Plus les envies ou les coups de cœur à l'inspiration de Michaël si il se met en tête de vous faire un truc à lui spécial. Ce genre de truc ce sont des artichauts typiquement romains (les mammole ou les i romaneschi), plus gros que les artichauts classiques, sans foin, coupés en deux, frits et servis avec un risotto.

Le soir c'est toujours aussi couru, la réservation est indispensable même pour le second service. L'ambiance est bon enfant, nos voisins de table nous ont offert leur bouteille de vin, manifestement, personne n'avait soif. Merci !

Le midi c'est plus décontracté. On mange des lasagnes de crêpes, des pizze et l’ambiance est propice aux discussions.

Conseil œnologique, le vin du patron est plus fruité, facile et agréable que des bouteilles plus "cotées", si on ne cherche pas le tanin on en aura beaucoup de plaisir.

M. est ravi que la transplantation d'une institution saint-gilloise en terre uccloise n'ait pas altéré la générosité et le plaisir de l'endroit.

Restaurant Il Monticelli
153, Rue Edith Cavell
1180 Uccle
Tél. 02 534 35 85

monticelli, italien, pas cher, moins de 30 euros, mozarella

monticelli, italien, pas cher, moins de 30 euros, mozarella, polenta, risotto, artichauts, romanesco

 

 

 

06
févr

L'Auberge de l'Isard à Wemmel

MADAME

MONSIEUR

Mme veut sortir des sentiers battus, des quartiers huppés d’Ixelles, d’Uccle et des coins chauds de 1000 Bruxelles, éviter les enseignes juxtaposées qui jouent des coudes, les adresses refilées par les branchés.

Ce samedi, Mme a choisi. Envie de suburb, de grimper sur une bretelle d’autoroute, d’ailleurs. De classique. Envie de tirer sur la corde sensible et d’attirer Monsieur sur ses terres d’enfance - la Chaussée romaine, entre Laeken et Wemmel – qu’elle méconnait.

Si l’Auberge de l’Isard évoque les Pyrénées, le patron, lui, est un Belge de métier, chaleureux bougre. Roland Taildeman nous accueille. Le maître d'hôtel propose l'accord mets vins. On le suit.

Noix de Saint-Jacques dans un fond de veau maison et d'irrésistibles chicons braisés déglacés au porto. Une belle entrée en matière. Ensuite, une poule faisane, parfaitement rosée, arrosée d’une sauce fine de Champagne, poivrée à souhait et une purée de céleri goûteuse font le reste.

Gourmande, Mme ajoute un moelleux à sa collection, poursuivant le défi de les comparer d’un jour à l’autre. Ni coulant, ni mou, bien humide à cœur et croquant en croûte, celui-ci, à base de chocolat Callebaut, remporte l’adhésion du jury.

Sur ces classiques revisités avec brio, Mme questionne le patron, un chic type qui ne tarit pas d'anecdotes sur l’histoire de la gastronomie bruxelloise et ressort de sa cuisine d’illustres ouvrages chers à Monsieur. Un signe.

Ce que Mme retiendra de cette soirée à l’Isard se niche entre deux sensations douces, nourries d'hospitalité et d'équilibre.




 

Le plateau du Heysel, les longs boulevards qui y grimpent crescendo. Le verregat, la Cité Modèle, la chaussée romaine qui marquent les confins septentrionnaux de Bruxelles. L'Atomium bien sûr.

Ce paysage d'enfance du Nord suscite chez M. une douce nostalgie à l'aube d'une soirée à l'Auberge de l'Isard.

Villa cossue, parking privé. Au premier abord la soirée s'annonce feutrée.

Le chef, Roland Taildeman, est à l'accueil, ce n'est pas encore le coup de feu. Le vestibule mène à une grande salle avec des tables confortablement espacées, une clientèle qui salue les arrivants conforte une chaleureuse impression d'hospitalité.  

La carte décline des produits nobles (huitres, homard, poule faisanne,...) et des spécialités belges et française, classiques avec une touche créative. 

M. avait envie de bases, d'échos d'enfance, de classiques belges. Il est possible d'emprunter cette voie avec le menu Isard, 35 € ou 52 € avec une sélection de vins.

Variation autour de la crevette (Croquettes de crevettes, soupe...), un contre-filet cuit bleu, sauce béarnaise et des frites. Une tatin pour finir.

Tout très bon, copieusement servi avec le sourire, les vins choisis avec justesse.

Si l'envie de faire des expériences titille l'oenophile qui sommeille en vous, la carte des vins recèle quelques fonds de cave qui explorent le dernier quart du XXe siècle. Pour amateurs éclairés. 

En fin de service M. a eu beaucoup de plaisir à discuter avec le chef  des grands noms bruxellois de la gastronomie belge, évoquer la mémoire de Marcel Kreusch par le biais de son livre posthume "La cuisine de la Villa Lorraine et de l'écailler du Palais royal" qui fait partie des bibliothèques du chef et de M. Et d'y chercher de concert la recette de la "truite saumonée Candice Kother", d'y débusquer le jeune Gérald Wathelet dans la brigade. De parler de recettes qui restent en mémoire. Un peu où sont les neiges d'antan disparues, mais bien agréable.

Auberge de l'Isard
Chaussée Romaine 964-966 
1780 Wemmel
02 479 85 64

Lunch 2 services à 17 € proposé le midi en semaine.
Menu « plaisir » à 45 € (65 € avec vins)
auberge, wemmel, Heysel, menu 45 euros

08
janv

Maru, nouvelle cantine coréenne à Ixelles

MADAME

MONSIEUR

Mme a ouï-dire que le Chef Sang Hoon Degeimbre avait passé un bon moment chez Maru à l’ouverture de ce resto. Quelques jours plus tard, le fabuleux M. y réservait une table !

Contente de découvrir ce spot au look minimaliste, à l'image des cantines comme le Mandoo bar de Korean Street à New York, Mme a un bon pressentiment.

Impossible de résister aux Jjin Mandu (6 €), ces raviolis géants cuits à la vapeur. Faits main, très fins. La pièce de choix se compose d’un bol en pierre noire (qui garde la chaleur) avec du riz vapeur, surmonté de légumes croquants et d'un tartare de bœuf (rare dans la cuisine du nord-est asiatique) au sésame et d'un jaune d'oeuf. On touille bien et on déguste ce grand classique nommé Yukhwe bibimbap (17 €).

Peu de desserts chez les Coréens, comme nous le confirme l'aimable maîtresse de maison en anglais, mais elle tient à nous faire goûter le Ho Teok (8€), une sorte de crêpe de pâte de riz, au miel et aux dates. Il serait "né de la dextérité et de l'amour"...

Un lunch léger, agréable en diable.  L’adresse attire déjà les Français (nombreux à vivre dans le coin Lepoutre – chée de Waterloo) et bien sûr les foodies.

 

M. aime la cuisine coréenne depuis qu'il l'a découverte en 1999 dans la banlieue de Boston à l'occasion d'un lunch célébrant une release logicielle avec ses collègues US et belges de chez Lernout & Hauspie.

Dans un univers de graisses saturées, de sandwiches chauds, de petit-déjeuners donuts-oeufs-café la visite dans un Korean BBQ avait ouvert les papilles de M. sur un univers nouveau. Les légumes lacto-fermentés avec épices, le kimchi, avaient ravi à jamais son penchant naturel pour le piquant. Le bulbgogi que l'on fristouille comme on veut l'avait réconcilé avec des cuissons rapides, légères, au choix, loin des craintes sanitaires US et des cuissons trop marquées. 

A Bruxelles, quartier Lepoutre, tout frais, tout neuf, le Maru permet de plonger dans toute la diversité culinaire coréenne.

Des tables percées devraient permettre d'accueillir les BBQ, une ventilation adaptée permet l'extraction des fumées.

Les salades chaudes-froides de viande, légumes, œufs, les raviolis, l'accent anglais de la patronne, tout est délicieux.

Les Français du quartier qui bataillent avec une double barrière de la langue donnent à patienter plaisamment.

Maru restaurant
510 Chaussee De Waterloo
1050 Bruxelles
Tél. 02 346 11 11

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