22
nove

La Cantina, Liège par le versant italien

MADAME

MONSIEUR

Mme, quand elle râle, elle râle. Ne peut s'empêcher de s'exprimer. Alors posons la question tout de go. Comment peut-on rater un risotto ? Quand on est une cuisinière italienne, aux fourneaux d'une enseigne réputée, qui s'annonce sur son site comme "familiale, frais et bio" ?

Mme adore le risotto aux coques mais celui-ci manque de tenue : le riz trop cuit, le jus fadasse, pas assez relevé. Dommage.

Enfin, le vin du patron est bon, le service jovial. La salle bobo-arty, décorée d’œuvres d'art, dans une ambiance animée et bon enfant d'un samedi soir à Liège.

La Cantina est un chouette endroit. Mais diable, pourquoi ne pas napper le veau de plus de sauce, quand on met un vitello tonato à la carte ?

Et cette lasagne, avare de sauce elle aussi, tout cela manque de générosité.

Y retourner pour tenter un plat classique à la carte ?

Cette fois, Monsieur n'est pas du tout du même avis.

M. aime les restaurants italiens. C'est pour lui toujours une bonne occasion de se souvenir de sa grand-mère qui venait de la botte et qui n'avait pas son pareil pour mitonner des plats napolitains.

Le restaurant italien c'est toujours une histoire familiale, à table, en cuisine et c'est bien souvent une déclaration d'amour à ses origines, aux recettes et au goût transmis par ses aïeux.

Évidemment on retombe sur des classiques, des nouveautés ou des incontournables émaillent la carte,  les saisons sont aussi de la partie.

Alors dans un restaurant italien, M. a ses marottes, auxquelles il ne déroge que rarissimement. Osso bucco, escalope milanaise, des pâtes mais les plus simples possible.

A la Cantina, vantée par Réné Sépul dans Mange Wallonie, le décor, les choix graphiques titillent la rétine et le cortex. Des photomontages drolatiques de Baudouin et Fabiola fumant le cigare. Des sérigraphies pop-art d'usines, des couleurs, de la fraîcheur. En début de service la salle est calme, d'ici une heure ce sera bondé.

M. a commandé un vitello tonnato, parfaitement rosé, un peu chiche en sauce au thon mais bien agréable à partager avec une tranche de pain.

Un osso bucco servi avec des spaghettis et des légumes de saison. La viande est visiblement travaillée au four, c'est fondant, la moelle est superbe, le jus au volume discret est goûtu.

Le vin maison est facturé au centimètre, un bon compromis pour qui ne veut pas affronter une bouteille entière.

Le tout servi avec le sourire et une pointe d'humour. Une belle adresse.

La Cantina
Rue Saint-Denis 2
4000 Liège
04 221 35 35 

Liège, resto, cuisine italienne, risotto, moins de 50 euros, moins de 100 euros, moins de 120 euros

18
nove

WY, la table bruxelloise de Bart De Pooter



Mise à jour du 18 novembre 2013 :

Mme & M. ont appris que Bart de Pooter vient de décrocher une nouvelle étoile. Cette fois, c'est pour son restaurant de Bruxelles, le Wy. Le chef nous a chuchoté, il y a quelques jours, que les clients du Wy Brussels sont en majorité flamands. Normal, vu la réputation de Bart en Flandre avec De Pastorale**. Alors, les Bruxellois, allez-y !

MADAME

MONSIEUR

Mme avait rencontré Monsieur De Pooter, lors d'un atelier culinaire (voir l'interview express en 2012). Alors, quand l’un des grands de Flandre s’installe au cœur de la capitale, Mme accourt et emmène M.

Bart est un chef accessible, sympathique, qui attire le beau monde. Tout Bruxelles va-t-il bientôt succomber au Wy ? Grand Sablon, c’est chic. Mais pourquoi donc élire domicile dans un showroom Mercedes Benz ? Rentabilité et diminution de prises de risque obligent. Surtout si l'on se souvient du resto des MRBAB du chef Peter Goossens, situé à quelques pas de là : il a fermé en un éclair.

Ceci dit, le cadre n’a pas déplu à Mme, amusée par le spectacle des cuisines ouvertes, transparentes, où l’on suit les gestes précis des chefs affairés à leurs fourneaux hig tech Electrolux. Et quand il s’agit de Bart de Pooter, rien n’est laissé au hasard. Saviez-vous d'ailleurs que la mode des cuisines ouvertes a été lancée dans les années 70, par le père de A. S. Pic (la cheffe la plus étoilée de France) Jacques Pic à Valence ?

Pour la déco, le choix des œuvres d’art mise sur le contemporain sans risque (toiles de Combaz, affiche de Villeglé...) le mobilier blanc et les jeux de néons, l'ensemble faisant bon ménage. Le large bar appelle à s'y frotter.

Le repas
Tout commence avec les mises en bouches d’une délicatesse rare, pain maison et petits "pots de gras" d’un raffinement complexe - Bart De Pooter sait y faire, même avec le bon gras.

L’entrée : huîtres Gillardeau, avec dashi et infusion de verveine (23 €), exquis. Pour suivre, un beau filet de carrelet parfaitement cuit, servi avec une rouille inoubliable et des couteaux, d’une fraîcheur implacable (29 €).

Au dessert, le Wy Not décline une palette de saveurs sucrées et exotiques, allant de la carotte, la mangue, l’orange au fruit de la passion très concentré (12 €). Un régal ! Dès que Mme a un business lunch ou une soirée entre femmes, elle retourne au Wy !


M. n'est pas un fondu de voitures. Il n'avait donc jamais prêté attention au brand-shop Mercedes du Grand Sablon. Voilà qu'un stratagème marketing de la marque à l'étoile modifie la donne puisque le constructeur automobile a confié les cuisines du restaurant à une sacrée brochette d'étoilés flamands.

Bart De Pooter, meilleur chef belge 2012 selon le Gault&Millaut, arborant 2 étoiles Michelin grâce à son établissement De Pastorale à Reet, tente l'aventure bruxelloise.

La carte du WY porte une seconde signature, particulièrement pour la finger food et les accords avec les cocktails, Wouter van der Vieren qui retrouve les commandes d'une cuisine après la faillite du Clandestino grâce auquel il avait obtenu une étoile Michelin. Le service est aux mains d'une équipe franco-monégasco-flamande zelée.

Et il faut avouer que tant de savoir-faire ne laisse pas de marbre et se ressent dans l'assiette. Le concept n'est sans doute pas de décrocher des étoiles au WY mais bien de s'enraciner dans une ville qui n'a pas l'habitude de faire de cadeaux aux bekende chefs qui s'y frottent.

On est donc dans une cuisine réaliste, accessible, avec un travail et un prix modéré (36€ le menu 3 services, 60€ pour les 5 services) mais sans concession quant à la qualité des produits : des viandes mûries, des herbes et poissons frais, des légumes à la cuisson parfaite, de la technique (fumaison) aussi pour titiller les sens.

Les assiettes sont équilibrées, la palette des textures est complète, le goût du détail révèle un raffinement rare (les beurres et saindoux travaillés qui accompagnent les gressins, touchent au sublîme). 

M. a choisi à la carte les escargots servis avec un jaune d'oeuf fumé, un anneau d'épinard, du cresson et de l'ail. 

Comme plat de résitance faux-filet de Holstein, faisandée (sic) 6 semaines, aubergine, pomme de terre, sauce béarnaise. Cette dernière est aérienne et nape un viande à la tendreté et au goût incomparable. Elle est si légèré (une gageure pour une béarnaise) que M. a fini la saucière à la cuillère.

Les vins se sont commandés au verre sur les conseils avisés du chef de partie. 

La maison propose aussi un breakfast, un brunch et un lunch, le bar est pléthorique. Il faudra y retourner.

Restaurant WY
Rue bodenbroek 22 24
1000 Bruxelles
02/400 42 63

resto, étoilé, Michelin, GaultMillau, bar, cocktail, belge, chef, bruxelles, voiture, Mercedes, terrasse, menu 36€

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13
nove

Pistolet original (made in Belgium)


MADAME

MONSIEUR

Mme n'est pas snob. La belgitude est son dada.  L’esprit farce, en ce pluvieux jour de novembre, elle est prête à vous faire le coup du pistolet.

[PISTOLET]. Nom masc.
Amis français, vous ne savez pas ce que c’est ? Voyons, un bon pistolet ? L’origine du mot viendrait de pistor, le meunier. La définition, selon Monsieur Littré :  "à Bruxelles, nom des petits pains au lait qu'on prend au déjeuner".

Mme n’est pas snob. Le Sablon, c’est pour les touristes et les antiquaires. Sauf quand un concept énorme déboule dans le quartier et que tout le monde va en entendre parler. Pistolet Original est une enseigne lancée par une consultante en gastronomie, Valérie Lepla. Cela fait dix ans qu’elle fomente son coup et on peut dire que c’est réussi.

Le concept ? Déguster des pistolets, fourrés de bonnes choses au goût authentique et de qualité supérieure. La crème des artisans livrent cette enseigne : l’inénarrable boucher Dierendonck, la Maison Dandoy, la moutarderie Tierenteyn… et le pain spécialement conçu par le boulanger artisanal Yves Guns. L’un des parrains de Pistolet original n’est autre qu’une figure emblématique de la cuisine bruxelloise, Wijnants (photo).

Déli comme à New York
Pistolet Original, c’est un snack haut de gamme. Quelques chaises autour d’une grande table conviviale (esprit Pain Quotidien) pour y déjeuner, croquer un pistolet sur le pouce ou l'emporter. C’est aussi une épicerie qui met en valeur les produits de la gastronomie belge.

Et c’est bon ?
Mme a commandé le pistolet chaud au bloempanch et pommes caramélisées. Le pain croustille, la mie est légère, le boudin noir fondant, les pommes sucrées. Une tuerie ! Le prix ? 5 20 €.

Dire qu'en 1852, Gérard de Nerval vantait déjà les mérites du pistolet : "Il me fallut (...) gagner la place de l'Hôtel-de-Ville [à Bruxelles], afin d'y boire une chope de faro, accompagnée d'un de ces pistolets pacifiques qui s'ouvrent en deux tartines garnies de beurre." (Les Fêtes de mai en Hollande).

Paris a sa baguette, New-York son bagel, Londres son muffin, Bruxelles a désormais son pistolet. Et l’histoire n’est pas prête de s’arrêter.

Comme tout bon garçon M. a toujours aimé les pistolets. En semaine chez les bouchers, fromagers que ce soit Buelens, Noël, Romain, Roland, VDH, le weekend dans un stamenei comme la Clef d'Or, ou à la maison si ils venaient de Délicia, De Baere, Van Dender ou Bevernaege.

Le pistolet, on le coupe comme on veut, dans le pli pour avoir deux belles moitiés à fourrer ou bien dans la masse pour avoir un bon gros casse-croûte. C'est un patrimoine discret, une évidence du manger belge.

Le Sablon accueille donc une nouvelle enseigne dédiée à une foule de produits locaux (bloempanch, américain, poulet curry, tête pressée,...), de grande qualité, servis dans le petit pain national : Pistolet.

Ça ouvre tôt, c'est couru à midi et c'est ouvert jusqu'en début de soirée avec une nocturne le jeudi.

Côté prix, si il y a des folies, les bourses moyennes ne doivent pas craindre le coup de fusil. Ça débute à 3,50€ (américain, poulet rôti curry) pour le pistolet au tourteau c'est 6€, et ça peut filer au-delà des 12€ pour les crevettes épluchées au Royaume. So chic.

Comme c'est cuisiné maison ou venant de grandes maisons, parfois tout l'assortiment n'est pas dispo, mais on peut aisément louvoyer entre les propositions chaudes et froides pour trouver pistolet à son goût. Le pistolet est un Guns (quoi d'autre !), les charcuteries viennent de chez Dierendonck, les bières sont locales et trendy (Bertinchamps, Leopold 7...) et le vin est bien choisi.

Dans la vague Déli, on peut emporter ou consommer sur place et l'épicerie propose les produits, dont des bonbons absolument régressifs, à la vente... comment résister ?


Pistolet Original
24 Rue Joseph Stevens
B- 1000 Bruxelles
Tél. 02 880 80 98

Consulter leur Page Facebook pour suivre les nouveautés.

Horaires
Ouvert 7/7 jours, de 8h à 18h sauf jeudi jusque 23h.
Formule du matin (de 8h à 11h et dimanche) :
Pistolet perdu
Pistolet brouillé ( avec lard)
Oeufs à la coque et mouilettes au filet de saxe
et une formule 1 pistolet + assortiment confiture, choco Marcolini, pâte speculoos Dandoy, sirop de liège, crottes en chocolat et beurre salé...

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03
nove

Jarapea à Irouleguy (pays basque)

MADAME

MONSIEUR

Mme a voulu voir Espelette (M. a fini par accepter). Parce qu’on y cultive le fameux piment doux, qu’on y pend des guirlandes de piment aux fenêtres et qu'on y vend des tas de spécialités artisanales. Néanmoins, elle a évité d'y trainer trop longtemps, vu les hordes de vacanciers pressés devant chaque enseigne et l’énervement de Môsieur. Espelette, c'est pittoresque.

Soit. Mme adore les détours, surtout à travers les vignes.

Et si on allait voir le plus petit vignoble de France ? Le seul, par-dessus le marché, du pays basque français. Irouleguy, dont le vin est classé AOC depuis 1970. Et où y casser la croûte ?

Jarapea nous est apparu le bon endroit, avec sa terrasse plongeant sur les vignes, le sourire de la patronne, ses plats du jour et ses prix d'amis. Mme n'oubliera certainement pas ce plat gratiné d'écrevisses au fromage basque, l'Ossau Iraty. Une tuerie. Le poulet basquaise est bien, le gâteau basque aussi. Une table bon marché, goûteuse et simple.

M. avait programmé le GPS sur "points d'intérêt à proximité", catégorie "Restaurants". De retour d'une excursion à Espelette il avait envie de manger ailleurs qu'à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Irouleguy. 5 km.

Le verdict du GPS semblait hasardeux, un trait sinueux vers la droite indiquait qu'il fallait serpenter sur le coteaux embrumés, vers les hauteurs. D'un coup de volant le sentier battu est quitté va pour l'aventure.

Le GPS de M. n'est pas des plus frais, l'adresse n'existait plus, mais au coeur du village le rare passant, basque et méfiant, nous indiqua une table, fraîchement rouverte où il va de temps en temps manger.

Accueil charmant, grandes tablées, on attendait des rugbymen qui devaient arriver. La cuisine d'Arnaud Boittin est locale, fraîche et excellente.

M. a gouté l'axoa. Relevé, tendre, copieusement servi. Le tout avec un vin du cru, un régal.

 
 

Restaurant Jarapea
Le Bourg
F- 64220  Irouleguy
Tél.  + 33 05 59 49 16 92

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