16
juil

Restaurant Le Pont des anges à Beauraing

MADAME

MONSIEUR

Mme trouve le nom bien choisi. Le Pont des anges est celui où se produisit un miracle en 1932-1933 : l’apparition de la Vierge à Beauraing. Au pied du pont en question se tient un restaurant gastronomique de belle allure, où il fait bon dîner en terrasse à l’ombre des feuillus. Le patron, Eddy, voue une passion pour le vin, qu’il sélectionne avec soin en sillonnant les routes des viticulteurs de France. Premier bonheur, se voir conseiller un Côtes du Rhône 2011, Domaine des Masques, Cuvée exception, pour accompagner un filet mignon de veau, cuit douze heures à basse température, avec des asperges et un risotto au Lomo iberico, sans oublier un fond de veau au Madère, bien corsé. Sur le palais, ce vin rouge glisse comme de la soie, tandis que la viande fond sur la langue.

Le chef, Uon Sonetra, d’origine cambodgienne, à appris le métier à Dinant, puis chez Christophe Pauly (Le coq aux champs) et au Chabichou à Courchevel. Ce jeune homme (26 ans) nous glisse à l’oreille qu’il se fournit chez Raymond Lambot ou à la Boucherie de la Ferme de Pondrôme, très réputée, et que le veau vient du Luxembourg. Il parle de ses préparations de fumage, que ce soient le saumon ou le magret, que Mme trouve tendre et savoureux, servi en salade avec une mousse d'avocat à la bergamote, du Vieux Bruges et une brunoise de melon, rafraîchis par un sorbet au porto (17
€).

Un gâteau croquant se pare de fraises et de rhubarbe et d’une gelée au café (8€) bienvenue. Les dévots ajouteront, bénis par la Dame du sanctuaire, que les touristes viennent prier lors de pèlerinages estivaux.

M. n'est pas trop sensible aux bondieuseries. De la région de Beauraing, il aime le relief, la Calestienne, les forêts. Dans la région, pour la table, il y a quelques pépites à dénicher, et Le pont des anges est en bonne voie pour rejoindre le cercle des bonnes adresses du coin.

Des produits de saison, une attention marquée à sublimer les goûts, on mange bien et les vins sont choisis avec attention.   

Les langoustines et Saint Jacques poelées, rattes façon risotto à la sauge, jus brun aux oignons fumés (22) étaient composées d'ingrédients parfaitement traités, mais l'assiette semblait compartimentée, sans réelle unité.
 
M. a beaucoup plus apprécié le filet de dorade façon méditerranéenne à la feta, coulis de poivron au basilic, cornes de gattes au four (23). C'était simplement parfait. Un de ces plats qui vous nourrit et vous soigne, empli de goût, léger tout en étant roboratif. Aucun effet de manche, juste du goût.
 
Une bonne adresse, au rapport qualité-prix intéressant, à découvrir si vous séjourner en Famenne, aux portes de l’Ardenne. S'il fallait un bémol, certaines compositions manquent d'unité. Une sauce, un traitement qui relierait des ingrédients succulents mais disparates, donnerait à certaines assiettes une image plus lisible. Un détail qui laisse du champs à une amélioration du jeune chef.
 

 
Restaurant Le Pont des anges
Menu 3 services: 34€, servi pour l’ensemble de la table

Rue de l'Aubépine 33
B - 5570 Beauraing

Tél. : +32 082.22.62.33

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06
mai

Osteria Agricola Toscana à Bruxelles

MADAME

MONSIEUR

Mme, si d’aventure éclot une nouvelle enseigne dans le quartier européen à la place d’un pub irlandais, réagit au quart de tour quand M. la titille d'un "c'est nouveau, tu veux essayer ?". Les restos italiens pullulent et dénicher une perle n’est pas aisé. Celle-ci en est une.

Mme et la Toscane, c’est un album photo des années 80, une grand-mère amoureuse de cette région, des images de collines douces, des effluves de Montalcino...

Cette Osteria agricole a tout pour réjouir. Le concept : du producteur à l’assiette, le service enthousiaste, polyglotte, les plats transmis de génération en génération. En cuisine, le chef toscan est épaulé par deux comparses et la patronne, Barbara donne un coup de main pour éplucher les légumes. Sa fille, en salle, explique que sa nona figure sur le poster en noir et blanc, on l’y voit aux champs à San Miniato.

Mme a eu tellement bon qu’elle voulait déjà rédiger ce billet au sortir du tout nouvel établissement.
En deux mots, c’est le genre d’italien où l’on commande les yeux fermés : une salade de fenouil, de poires croquantes, radis et de pecorino. Un plat de rigatoni aux poireaux d'une simplicité confondante, un dessert mi tiramisu mi crème glacée aux fraises. Une cuisine traditionnelle, savoureuse, inventive, roborative. Les produits bio sont à emporter.

M. zonant dans le quartier européen de manière quotidienne avait vu lentement le Livingstone (un bar antédiluvien) devenir un restaurant italien.

L'Osteria Agricola Toscana a ouvert ses portes fin avril. Aux manettes de jeunes italiens, rangés du lobbying européen et qui proposent les produits de la ferme bio Podere Del Grillo

C'est donc circuit-court, les producteurs importent leurs denrées de la ferme faliliale, les cuisinent et les vendent et c'est bio et de saison.

A la carte une cagette (des légumes en tempura et des condiments), une soupe (ce fût de la courge, du blé et des haricots), des pâtes, et du porc et des légumes rôtis.

Les portions sont correctes pour les prix (de 12 à 18€ selon les propositions), la qualité est superbe, les cuissons parfaites et le goût explosif.

En salle un accent ensoleillé, une belle moustache, tout ce que le quartier compte de Toscans en quête de régionalisme et venus saluer les amis, des vins frais et rustiques.

Le soir, il est préférable de réserver et de vérifier si les cartes sont acceptées, la machine est annoncée mais pas encore dispo.

Osteria Agricola Toscana

20 Rue Livingstone
B - 1000 Bruxelles
Tél : 02 231 64 07
Prix moyen pour 2 couverts (3 services, un verre de vin : 80 euros)

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22
avri

Maido restaurant : la tendance culinaire nikkei, fusion nippo-péruvienne

MADAME

MONSIEUR

Mme trouve le concept nikkei à son goût.
Après le choc du repas chez Mayta, elle a suivi le conseil de son chef préféré à Lima, Jaime Pesaque : réserver illico une table chez Mitsuharu Tsumura. Son restaurant se nomme Maido et se trouve dans le quartier chic de Miraflores.


Mme a donc passé une soirée à écarquiller les yeux devant une ribambelle de plats qui associent cuisine péruvienne et japonaise dans un esprit de syncrétisme* éblouissant : les goûts et les textures conversent, s'apparient, se chahutent, les yeux en redemandent, tant c'est joli et la bouche aussi en veut encore.

De ce repas, foisonnent les souvenirs comme autant de feux d'artifice: une fleur de poisson délicatement nommée usuzukuri (photo), un ceviche nikkei aux algues cristallisées, jus de citron et soja, trois sushis extravagants (poissons et riz gluant), des anchois aux œufs de poisson volant, une bouchée de lamelle de porc flambé et riz caramélisé, un adorable mini burger de poisson roche piquant aux oignons doux, quelques tempuras croustillants de poisson, une sorte de bouillabaisse bien relevée, avec des algues blanches, du gingembre mariné dans les papas nativas...

Maido, c'est une expérience raffinée sans se ruiner, et encore une raison supplémentaire pour s'envoler vers Lima !

*NB : Le Pérou est le fruit de vagues successives d’invasions et migrations, des conquistadors aux travailleurs italiens ou japonais, et sa cuisine très réputée se nourrit d’influences multiples, de croisements et de fusions. Passionnant !

M. avait du Pérou une seule attente : manger Nikkei. La fusion nippo-péruvienne est tellement aux antipodes de l'Europe, elle scelle un lien "Pacifique", qu'elle semblait pouvoir offrir un dépaysement multiple.

Mitsuharu Tsumura est un chef péruvien d’ascendance japonaise. Il mêle dans sa cuisine les deux influences pour donner aux sushi, viandes rôties et bouillons de l’Empire du Levant une dimension épicée, terrienne, puissante, qui détonne avec les goûts classiques japonais, à l’inverse, il traite les plats traditionnels péruviens à la façon japonaise.

 
La salle du restaurant est typiquement japonaise (papier de riz sur treillis de bois pour séparer les tables), le personnel rieur et farceur maîtrise l'anglais et apprécie les efforts en espagnols.
 
Le sashimi se sert avec du leche de tigre, on accompagne les maki de marinades et condiments plus recherchés que la sauce soja ou le wasabi, l’imagination est débordante et le goût au rendez-vous. Telles ces joues de porc cuites à basse température 50 heures durant et servies en fines tranche sur du riz, comme un sushi, fondantissime.
 
Si le sushi/maki/sashimi est un produit mondialisé, il est rafraîchissant de le voir détourné au profit de découvertes gustatives nouvelles.
 

Maido restaurant
Calle San Martín 399 (esq. calle Colón)
Miraflores, Lima
Pérou
Tél : (511) 446 - 2512
reservas@maido.pe

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17
avri

Mayta, le restaurant de Jaime Pesaque à Lima

 

MADAME

MONSIEUR

Mme répète : Jaime Pesaque. Jaime Pesaque ! Un nom qu'elle n’oubliera jamais, soufflé à l'oreille par une demoiselle rencontrée à Mistura. Une révélation. Ce trentenaire péruvien, patron de restaurants à Lima, Hong Kong, Miami et NY.  a fait ses armes en Espagne et en France, dans les meilleurs établissements, en tête desquels El Celler de Can Roca (Meilleur restaurant au monde 2013 selon The World’s 50 Best Restaurants).

Sa cuisine
Revenu au pays, Jaime a peaufiné une cuisine basée sur les ingrédients les plus recherchés du Pérou, dont la plupart nous sont inconnus en Europe. Imaginez la surprise dans l’assiette, le bol, le verre : toutes les couleurs, les senteurs, les associations de saveurs neuves pour M. et Mme. Comme l'autre grand chef péruvien Gaston Acurio, Jaime Pesaque étend la notion de voyage à ses menus.

Exploration
L'hiver dernier, “Coordenadas Peru” était présenté sous forme de livret de voyage, avec photos, latitudes et longitudes pour la provenance de chaque produit préparé. Un extraordinaire périple, associant mets et boissons. Voici ce qui nous a éblouis :

Du Norte chico :
Pâte fumée, orange et eucalyptus.

Des hautes Andes:
Camarones, leche d’herbes andines, servi avec une bière pale ale.

De la région Selva:
Un plat de limon rugoso, tumbo, lulo, cocona, churos, algues d’amazonie et sacha papa, sacha tomate et sacha culantro, servi avec un jus Sour de Pitahaya, surprenant.  C’est un festival de saveurs inconnues !

De la côte liménienne:
Un poulpe préparé avec des tubercules (sortes de patates colorées), des mini poivrons et du sal de aceituna botija, servis avec un soda de grenade acidulé et rafraîchissant. L'adresse préférée de Mme à Lima.

M. a beaucoup aimé rencontrer Jaime Pesaque. Quand Mme veut quelque chose... elle traque sur Facebook, via SMS, la réservation d'une table chez ce jeune chef.

Restaurant élégant sur le coin d'une belle avenue du sud du quartier Miraflores, à la lisière de Barranco, le Mayta fait aussi bar à Pisco.

Barranco c'est le quartier bohème de Lima. Bars, boites, restos, bâtiments plus anciens et typiques qu'au centre de la métropole donnent un cachet particulier aux places et avenues de ce petit district jouxtant l'océan.

On y venait en villégiature du centre de la ville, grâce à un tramway pour y prendre du bon temps. Si la ville a englobé ce district depuis longtemps, il y subsiste une atmosphère particulière. 

Du Mayta, M. a le souvenir d'un accord plats-boissons particulièrement recherché. Le voyage gustatif dure deux heures et demi, avec une douzaine d’escales.
 
Des jus, des liquides fermentés, des bières locales, du pisco, du vin, des décoctions froides ou chaudes, Jaime Pesaque fait ce que peu de restaurateurs font, il s'intéresse et s'approprie les boissons (M. ne pense qu'à Sang Degeimbre et son Air du Temps chez nous pour la même approche) plutôt que d'en laisser le choix et la responsabilité aux clients.
 
Fils de producteur de pisco, le chef accorde les plats des différentes régions du pays avec des boissons pertinentes, inusitées et l'expérience est superbe! D'autant plus que l'assiette est moderne, propose des produits inconnus aux palais européens.
 
Son cuy est le meilleur que nous ayons goûté, cuit lentement, laqué, la couenne était croustillante et la viande fondante, un délice. 
 
Et si la proposition est pléthorique, chaque plat est ciselé et procure beaucoup de plaisir. Le service, dans un anglais hésitant pour le personnel de salle, est emprunt de déférence et d'un grand respect des hôtes, un moment d'une grande classe.

MAYTA

Avenida 28 de Julio 1290
Lima - Pérou
Tél :+51 1 4465430

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