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oct

Les trésors archéologiques d'Ephèse

 

Madame oppose au chant funèbre de Palmyre une Ode à la joie : Il faut visiter Ephèse !
Aujourd’hui plus qu’hier, ce site archéologique situé à 16 km de Kusadasi en Turquie mérite le voyage. Puisque les Barbares de Daech détruisent une à une les traces de l’histoire. Puisque les trésors de pierre s’effondrent sous la violence des extrémistes. Par curiosité. Par nostalgie face aux ruines des choses perdues, comme l’écrit Mathias Enard. Car refuser de connaître une autre culture que la sienne, c’est s’étouffer à petit feu. Mme continuera d’explorer Ephèse, Priene, Pergame, Troie, et bien sûr les sites de la Grèce antique… Personne n’effacera le leg immense de la civilisation romaine, grecque, hellénistique, à coup d’explosif.

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L’Empire romain d’Orient
Dès le IIe siècle, les Romains s’intéressent à l’Asie Mineure (ouest de l’actuelle Turquie) lors des guerres qui les opposent au souverain Antiochos III. Peu à peu, l’empire romain s’étend vers l’Asie : Pergame, la Cilicie, la Bithynie, la Galatie (peuplée de descendants de Gaulois), la Cappadoce, la Lycie et la Pamphylie… Ces anciennes provinces romaines font partie de l’actuelle Turquie. Rome s’étendra jusqu’en Syrie (Antioche, Palmyre), en Arabie (Petra) et en Egypte, et dotera ces contrées de routes, de canaux, de citernes, d’aqueducs et de monuments remarquables.
A l’époque, le sol de l’Anatolie regorge d’or et d’argent, convoités par les Romains. Sur ces faits fleurissent les légendes du roi Midas et du Pactole, et celle du richissime roi Crésus de Lydie…

Les Romains en Turquie
Pour bâtir leur empire, les Romains exploitent les carrières de marbre de la région (Chios, Paros, Synnada). Les blocs taillés sont transportés à Ostie par navire. En Asie, les élevages de moutons fournissent une laine de qualité, qui deviennent de beaux draps teints en rouge foncé (grâce au coquillage murex) portés par l’empereur et les dirigeants romains. Quant à la peau de mouton, elle se mue par un savant travail artisanal en précieux parchemin, spécialité de la ville de Pergame (pergamenè en grec).
Génies de l’architecture, les Romains embellissent de nombreuses villes grecques, hellénistiques ou lydiennes, réussissent à mélanger les traditions locales et leur talent de bâtisseurs. Ils parviennent à absorber les influences, à se les approprier puis à les transmettre.

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Ephèse
Il faut voir Ephèse, s’en imprégner, s’y promener (avec un chapeau en été). C’est l’un des grands sites archéologiques de Turquie, découvert au XIXe siècle. Capitale de la province d’Asie, cette cité prospère fondée par les Grecs vouait un culte à la déesse de la chasse, Artémis (Diane en latin). Les architectes romains agrandissent son théâtre, construisent des temples, ornent les ruent de colonnades. Ils ajoutent des aqueducs pour alimenter en eau les fontaines de la ville. La ville compte 250.000 habitants. Partout, de riches Ephésiens érigent leur maison, les décorent de peintures murales, de mosaïques au sol. Déambuler la grande rue de l’ancienne Ephèse est un éblouissement, l’éclatant témoignage  d’une civilisation de l’histoire européenne. Au cours de la visite (prenez un guide officiel, proposé à l’entrée du site) le moindre détail a son intérêt : ici, des tablettes de pierre avec des ronds, ancêtres du backgammon, là des latrines creusées dans des banquettes de marbre, là, des stèles évoquant le dieu de la médecine, le temple d’Hadrien, le théâtre romain…

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Diane aux mille testicules
L’un des plus beaux souvenirs d’Ephèse se concentre dans une statue. Artémis la cruelle et puissante déesse à Ephèse. Elle était le trésor du temple d’Artémis, rebâti sept fois selon la légende, en raisons d’incendies, détruit pour de bon en 263.  A Ephèse, Diane n’est pas représentée chaste, les pieds nus avec son carquois de chasse, ni avec sa robe ceinturée. Sa sculpture en pied dotée d’une grappe de ce qui ressemble à des mamelles marque les mémoires. Le corps d’Artémis semble emmailloté, elle porte sur la tête une lourde tour, et sur le buste et l’estomac, des grappes de testicules de taureau, animal sacrifié à la déesse et symbole de la fertilité. Auparavant, les archéologues disaient que c'étaient des mamelles... Cette sculpture serait donc hermaphrodite. Sur chaque bras, des lions et au bas de son corps, divers animaux et plantes illustrent la profusion des espèces. Cette représentation originale et fulgurante de la déesse aux milles couilles rappelle un culte primitif d’origine asiatique, mélangé de traditions égyptiennes. Un bel exemple de syncrétisme.

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La bibliothèque de Celsus
A Ephèse, la majestueuse Bibliothèque de Celsus est bâtie en 117 à côté de l’agora. Considérée comme la troisième bibliothèque la plus importante dans le monde romain, après celles d’Alexandrie (Egypte) et de Pergame (en Turquie, d’où provient le mot parchemin) elle a été érigée par Titus Iulius Aquila Polemaenus, en hommage à son père Tiberius Iulius Celsus Polemaeanus, sénateur sous Trajan. Le mécène, mort avant la fin des travaux, lèguera une somme de 25 000 deniers pour l'achat des livres en parchemins. Ses héritiers achèvent son œuvre pour créer une bibliothèque d’exception : 12 000 rouleaux, conservés dans des placards en bois encastrés dans les murs, détruits par un incendie.  Le monument a été relevé des décombres, il est tout simplement splendide. Sa façade s’élève sur 8 m de haut, avec ses 18 élégantes colonnes… Quatre statues représentent les qualités attribuées au défunt Celsus : la sagesse, la vertu, l’excellence (arété en grec) et la justice.


Site archéologique d'Ephèse. Ouvert de 8h à 19h dernière entrée, fermeture du site à 20h en été. Entrée 10 YTL.

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Reportage à Kusadasi par V. Nimal. Merci à Monsieur Murat Alicigüzel, Conseiller de la Culture et de l'Information Ambassade de Turquie et à Monsieur Özden Tacettin, General manager Korumar Hotel.

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