20
févr

Jack O'Shea Chophouse

 

Mise à jour du 3/08/2016 : La Libre Belgique annonce la fermeture des boucheries Jack O'Shea et du restaurant bruxellois. Il semble que la faillite soit inévitable. Dommage pour les boucheries.

MADAME

MONSIEUR

Mme entend souvent la question : "où est-ce qu'on peut manger un bon steak à Bruxelles" ? Un vrai morceau de bœuf sans hormone ? Un angus, un wagyu, un t-bone ? Rue Franklin, depuis une dizaine d'années, le boucher Jack O Shea tient la barre haut : bœuf mâturé, porc bio sans additif, saucisses maison à la Guiness ou au Stilton, escalope de veau, spécialités de tourtes à la viandes à réchauffer au four... Mme est accro à la qualité des viandes de chez Jack O'Shea et passe régulièrement à l'enseigne du quartier européen (deux autres à 1000 et à 1180 Bruxelles).

Le chophouse Jack O'Shea tient ses promesses : fraicheur, tendreté, découpe, cuisson parfaite, sauces (l'aïoli à l'orange, masque le gout de l'ail et rafraîchit la gorge)... On paie la qualité sans sourciller. Si le resto vient d'ouvrir et attire la foule, les réservations (par mail ou tél.) sont mal enregistrées; on espère un peu plus de rigueur dans le service : deux fois, on nous demande que voulez-vous boire... mais le sourire et l'enthousiasme, l'ambiance font oublier les broutilles.

Reste le goût du boeuf, puissant. Et Jack, le boucher  star, l'oeil vif, au grill.

 

Quels sont nos horizons ? Quelle est leur étendue ?

Les pubs irlandais sont aux débits de boissons ce que les pizzerias, les sushi et ramen shops sont à la gastronomie; des succès mondiaux, dédiés à des produits spécifiques, monomaniaques, micro-identitaires de leurs substrats patrimoniaux.

Jack O'Shea Chophouse décline le steak house sur le mode du pub. Bruyant, bondé, gentiment bordélique.

4 types de coupe de la viande, 2 espèces (boeuf et agneau), à la carte. 8 sauces, 8 accompagnements facturés chaque fois en sus. A minima comptez 27+4+4+3€ pour un viande+légume+féculent+sauce = 38€. On est dans un restaurant indien pour la facturation, seul le pain est offert.

La viande est bonne, parfaitement cuite et reposée. Il serait dommage qu'il en soit autrement puisque le boucher de la rue Franklin est aux commandes de son double barbecue à crémaillère. C'est limite circuit-court.

Des accompagnements : la pomme de terre en robe des champs (jacket potato) et les épinards sautés à l'ail sont succulents.

Si on aime le spectacle, les serrages de paluches et les jokes avec les cuisiniers, les places au comptoir de la cuisine sont à quémander, sinon l'arrière-salle est moins bruyante, mais les tables y sont plus serrées qu'au centre de l'établissement qui diffuse de la musique de pub. Un endroit pour élever la voix toute la soirée pour deviser.

Pour ce qui est du boire, le Old Fashion était faiblard et des bières la Papegaie tenait bien la distance sur le goût relevé d'une sauce au poivre vert.

Réservation obligatoire, anglais conseillé, possibilité de croiser des peoples.  

Jack O'Shea Chophouse
Rue Sainte Catherine, 32
B - 1000 Bruxelles
Tél - 025033661

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13
févr

Les femmes d'Alexandre... restaurant

MADAME

MONSIEUR

Mme aime les femmes qui en ont. Et parfois quand le chef s’en va, la dame prend son envol. Alexandre Dionisio laisse derrière lui une renommée, mais le nom n’a pas changé. On aurait pourtant aimé Anca, du nom de la propriétaire et sommelière du restaurant où officiait son ex-compagnon Alexandre. L’ancien candidat de top chef, parti In the sky au sommet de la tour ITT, a gardé l’étoile, ce qui a fait grand bruit. Qu’importe, aujourd’hui rue du midi, l’accord nait d’un nouveau duo : la cheffe Isabelle Arpin a rejoint Anca Petrescu. L’une, en cuisine, brune, a la poigne et la personnalité trempée, l’autre, blonde, en salle, l’élégance discrète, la précision du geste et la douceur bienveillante.

Isabelle est française, des racines espagnoles, des parfums d’Asie en tête, elle anoblit les produits : langoustines de Guilvinec, foie gras, céleri et pomme grany confite, croustillant de canard. Le pigeonneau du Finistère se parfume d’épices orientales, le ras el hanout dans un loempia aux dattes, abricots, aubergines, champignons.

Tout est maitrisé, sauf peut-être la cuisson du turbot, aux chanterelles et oignons pickles, quelques secondes en moins eurent rendu ce repas parfait, mais la sauce orange carotte et gingembre laisse des sourires sur les visages.

L’envie de revenir, de reprendre de ce vin chilien, un pinot noir (Amayana San Antonio 2011), de ce dessert chocolat aux noix de cajou et poivre de Sarawak, dont on soulève un torchon à carreau rigolo, et ces mignardises ensorcelantes : mélo cake au dulce de leche, madeleine au zeste d’orange, feuilleté à la crème qui évoque le cuir et le tabac délicat…

La cuisine d’Isabelle Arpin est une ode à la sensualité, au mélange des genres, féminin masculin, Orient et Occident.

M. a une bouche simple, nigaude parfois, qui préfère la franchise à l'architecture; les propositions entières, précises, lisibles aux grands écarts visant à couvrir tout le spectre des goûts ou des textures, sans jouer sur les antagonismes, que M. aime et apprécie.

Ce n'est pas que l'on soit dans le chichi, mais à proposer  produits nobles avec produits nobles la bouche de M. a tendance à ne pas prendre parti, ne pas trouver que le foie gras complète la langoustine, il aurait tendance à la dissimuler, comme un ski farté cela glisse sans laisser de trace... et c'est dommage.

Dans le registre du précis, lisible, les mises en bouche d' Isabelle Arpin font toutefois mouche. Un capuccino châtaigne, café, Cognac, une joue de veau. Du goût, de la texture, de l'idée, en mesure et en simplicité.  

Des plats M. retire une sensation plus confuse, à trop renvoyer à des influences, des mariages de produit, on perd un peu de cohérence. Pourtant le travail est joli, les assiettes alléchantes... C'est un feu d'artifice qui n'a pas enflammé grand chose et M. est un peu déçu de voir Mme sourire et s'extasier, alors qu'il est tout penaud.

Pour le dessert de la mangue, des fruits travaillés en gelée et glace, une langue de chat, finesse et fraîcheur qui laissent une belle impression de légèreté.

En salle, l'élégante Anca, la sommelière-propriétaire, vous dégotte des vins produits par Sting ou des flacons qui font le plaisir des amateurs et, qui vous les présente avec la malice heureuse de celle qui a à coeur de comprendre vos goûts et de vous faire une proposition en accord avec ceux-ci.

Un beau duo de femmes, complémentaires, qu'il faudra revisiter, pour s'assurer que le temps aura patiné l'exubérante nouveauté.

Alexandre
Rue du Midi 164 (entre l’Académie Royale des Beaux-Arts et la place Rouppe)
B - 1000 Bruxelles
Tél. +32 (0)2 502 40 55
Fermé le week-end. Voiturier.

Quick Lunch (34€) : 2 dégustations, plat
Business Lunch (50 €) : 3 dégustations, entrée, plat
Business Lunch All-In (75€) : 3 dégustations, entrée, plat & boissons incluses (hors Champagne)
Le soir : Menu 3 services (75 €) : 3 dégustations, entrée, plat, dessert - Menu 6 services (130 €) : 3 dégustations, 2 entrées, 2 plats, 2 desserts.

Mise à jour du 14 décembre 2015 : Alexandre a désormais une étoile Michelin. Lire aussi notre second article sur ce restaurant.

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