30
mai

Culinaria 2013

MADAME

MONSIEUR

Mme chasse le cacao de l'autre côté de l'Atlantique.

M. est allé musarder à la soirée d'inauguration de Culinaria 2013.

Des chefs ravis de se revoir, des foodies, des programmes de conférence prometteurs, un foisonnement d'appétits assaille rapidement le gourmet curieux et puis d'étranges constats sédimentent.

C'est un événement avec ses sponsors, des chefs belges prestigieux, le Landerneau est quasi au complet, mais sont-ce vraiment les "dégustations" et le thème proposés qui font sens ?

Le thème c'est la street food. Le mot renvoyant à un imaginaire personnel varié selon ses origines, tout est possible. A vrai dire l'interprétation street est très libre, voire parfois très lointaine. La météo n'aide pas, un hall à 9°C n'était sans doute pas au programme de certaines recettes par trop printanières. La mise en avant d'un fournisseur et l'association avec un artiste complètent l'alibi street.

C’est d’ailleurs plus le travail des artistes qui donne une certaine caution au concept, bien que certains chefs plaident pour un manger facile avec les doigts, considèrent la situation du mangeur, d'autres proposent des assiettes qui ne peuvent se manger qu'accoudé et muni d'une fourchette parfois d'un couteau. Street mais avec ses aménagements urbains donc. 

Les produits, sont aussi à la fête (il faut aller goûter les fines tranches de bœuf du stand de la Battle of the Butchers d’Hendrick Dierendonck et ses amis) mais pas toujours traités avec beaucoup d’égards. M. doit reconnaître que la cuisson sur flamme du bœuf Wagyu ou du canard - même si c’est minute - ça goûte plus les amines hétérocycliques que la joie de vivre.

A l’opposé d’autres proposent des produits froids sortis de la mer, ou des herbes et qui donnent un coup de fouet au goût et au bien être. Un certain luxe dans les bouchées au foie gras, en raviole ou en cromesquis réchauffe les cœurs en manque de printemps.

Les containers cuisine et les stands structurent la Gare maritime désaffectée. Sur la parois de chacun des graphs d’une très belle facture et d’une rare diversité. M. a particulièrement aimé le travail de Djamel Oulkadi, du collectif Farm Prod et de CAät.

Dommage qu'il n'y ait pas d'accès non-food à l'événement pour y venir souvent. In fine Culinaria promeut plus les nourritures et minorise ses masterclasses qui surtout le vendredi et le week-end donnent clairement envie de revenir et repasser. 

Culinaria
75€ à 95€ par entrée en prévente jusqu'au 2 juin.
Gare Maritime
Tour & Taxis

Capture d’écran 2013-05-30 à 13.40.16.png

28
mai

Mme & M. passent au 69

MADAME

MONSIEUR

Mme s'offre l'ambiance 69, dans un quartier de Gand en devenir. Hauts talons dans la gadoue, elle a suivi la troupe du chef Wim Ballieu (le beau gosse qu'elle surnomme "Jamie Oliver flamand" et qui a une table à deux pas de la boite de nuit).

Le club ?

Un 69 mètres carrés, n'allez pas imaginer autre chose. Lumière rouge, ambiance David Lynch voulue par le boss Bart Roman. En papotant avec lui  - cool bonhomme adepte du raw food (la cuisine crue) et buveur de thé - Mme trouve le lieu singulier, voire intéressant. Son cocktail se boit comme du rooibos, quoi que mélangé à de la vodka.

Il parait que les loyers du quartier Oude Beestenmarkt commencent à monter. Un hot spot à Gand, assurément.

M. danst liever Nederlands dan hij spreekt het. Enfin c'est selon.

Vivace, ancienne, irriguée, créative et festive, Gent dispose de beaucoup d'attraits, dont celui de proposer un vie nocturne dynamisée par un club "à l'ancienne" pourtant très contemporain.

Membre d'un trio de clubs ventilés sur Anvers (Magic) et Knokke (Kitschclub), le Club 69 c'est la discothèque à visage humain, un bond en arrière dans l'histoire de la nuit, où le tenancier est curieux des nouveaux venus sans trôner au centre d'un carré VIP.  Lumières rouges, miroirs, ici même le sorteur a le sourire.

Pourtant la musique est éclectique, toujours teintée de raretés popcorn, de bons sons eighties et d'électro actuelle pour servir la fête. Aux platines ce soir-là le duo féminin des Hits & Tits (comment résister...) s'amusait d'improbables enchaînements.

Le tout agrémenté du cocktail du jour imaginé par Bart Roman : rooibos, vodka, sirop d'agave, framboises et mûres fraîches, traîtrement frais et sain. Un anti-oxydant. M. a beaucoup dansé.

Club 69
Oude beestenmarkt 5
9000 Gand

boite de nuit, club, gand, boite, sortie, bar, cocktail, nuit, wim ballieu

boite de nuit,club,nuit,69,gand,sortie,discothèque,cocktail,rooibos,wim ballieu,hits & tits,dj

boite de nuit, club, gand, boite, sortie, bar, cocktail, nuit, wim ballieu

24
mai

Balls & Glory : boulettes with an attitude

MADAME

MONSIEUR

Mme reconnaît l'accent gantois parmi tous les patois, quoi que parfois elle ne le comprenne pas. L’humour un rien moqueur, espiègle, jamais méchant. Gand est sa ville préférée du royaume. Ses pierres, ses canaux, son esprit, ses habitants. Enfant, elle allait y rendre visite à ses cousins, suivant la trace de ses fantasques aïeuls ... Elle a failli y habiter, mais préfère s'y laisser surprendre le temps d'une soirée. Cette fois, M. l'a emmenée chez une vedette du petit écran flamand. 30 ans et des ballekes géantes !

Wim, le jeune homme qui se tient au comptoir de Balls & Glory a tout juste trente ans et des idées à revendre. Une pléiade de fans grâce à son émission télé (produite par Woestijnvis, sur une chaîne flamande) et à ses bouquins de cuisine qui se vendent comme des petits pains.

Le garçon a une obsession : les boulettes de viande. Grandes et fourrées, aux chicons et à la moutarde, aux épinards à la crème... Il les nappe d’une sauce au curry ou au jus de viande, les accompagne d’un stoemp, d’une salade, rien d'affolant mais les gens en redemandent.

Le midi, on raconte que la file est longue pour s'asseoir chez Balls & Glory. Prochaine ouverture de l’enseigne, après Bruges ? Bruxelles.


En questionnant le chef qui a la dégaine d’un Jamie Oliver flamand, Mme apprend quelques détails sur sa vie et ses envies. Wim Ballieu vient de s'offrir un loft à Molenbeek, "parce qu'il rêvait d'un vaste atelier". Et de percer dans la capitale, non pas via la célébrité cathodique mais "pour la qualité de ses boulettes". On reparlera certainement de Wim quand il ouvrira un bar à boulettes dans le quartier Sainte-Catherine à Bruxelles.

M. aime les success story, l'entreprenariat et les bonnes boulettes. Sur chacun de ces points Wim Ballieu est sur la balle.

Succes story : Après avoir monté et vendu un traiteur chic contemporain, Wim est devenu chef sur VIER où il anime le show Goe Gebakken. Mme lui trouve un air de Jamie Oliver flamand. M. s'y connait peu en Jamie.

Entreprenariat : Wim a ouvert un restaurant à Gand, puis à Bruges. Il envisage d'étendre ses succursales vers d'autres villes. Pour assurer la qualité de son travail, le jeune entrepreneur a créé une cuisine centrale où les porcs de la ferme familiale sont utilisés. Ce n'est pas lié mais il devrait sous peu devenir molenbeekois.

Bonnes boulettes : Ses 2 Balls & Glory sont dédiés à la viande hachée, fourrée d'un légume et d'une sauce. Une vingtaine de goûts sont proposés en vente à emporter et 2 goûts du jour sont servis chauds sur place avec au choix un stoemp ou une salade.

A l'occasion du premier anniversaire de l'enseigne M. a emmené Mme se faire des boulettes à Gent, le lieu était ouvert pour la fête d'un soir. Habituellement, c'est ouvert en journée, structuré comme une table d'hôte + vente à emporter.

Nous avons mangé des boulettes aux épinards crème, chicon moutarde et petit-pois fromage frais. La taille des boulettes, vu le volume de farce, est impressionnante. C'est parfois un brin salé, mais roboratif et un jour de visite, c'est le genre de plat qui cale et permet de déambuler sans fin dans les plus belles villes de Flandres.

Balls & Glory
103 Sint-Jacobsnieuwstraat
9000 Gand
Ouvert en semaine de 10 à 15 h

Mise à jour : Ball & Glory a ouvert une enseigne à Bruxelles, le 16 juin 2015. wim ballieu, gand,coup de coeur,moins de 35€,moins de 50€; moins de 100€gand,coup de coeur,moins de 35€,moins de 50€; moins de 100€gand,coup de coeur,moins de 35€,moins de 50€; moins de 100€

20
mai

Shezan, constance et contenance discrète

MADAME

MONSIEUR

Mme voue une sorte de culte à la cuisine indienne et à ses currys. En Inde, deux fois, au nord comme au sud, elle a vécu le choc des senteurs, des parfums et des couleurs. Si, d’humeur tourmentée, Mme est en manque de sensations, elle s’invente un voyage par le biais de la cuisine indienne.

Shezan est un petit resto sans prétention, caché dans le quartier africain de Matongé à Ixelles. On y savoure des mets indiens et pakistanais pour quelques euros : parmi les 13 à base de poulet (10,90 € - 12,90 €) le chicken bhouna mélange tomates, oignons, gingembre et herbes dans un curry léger. Bien aussi, le chicken dhanak aux lentilles, ail, gingembre frais et coriandre.

Impeccables, le dal (8 €) plat de lentilles traditionnel et le palak paneer, épinards au fromage fondant, relevés de cumin et de poivre. En cas de fête, on commande le tali, un festival de 5 plats pour 20 €.

Pour les amateurs de riz basmati, les biryanis sont accompagnés d’une sauce raita (concombre, tomate, yaourt, coriandre) et d’une cassolette de légumes.

L’adresse préférée de Mme avec la Porte des Indes, plus cher.

M. a un jour proposé à un ami qu'il fallait sortir pour lui changer les idées d'aller manger dans son* restaurant Indien favori.

M. invite, l'ami choisit. C'est un stratagème qui permet à M. de faire une découverte à bon compte et sans trop de risque car, suivant l'adage bien connu : "les restos favoris de mes amis sont mes restos favoris". Pour preuve M. a depuis emmené Mme qui ne connaissait pas l'adresse.

L'assiette propose les grands classiques de la cuisine indo-pakistanaise :  korma, tandoori, viandes mijotées, légumes, nans, puri. La carte recèle quelques spécialités moins fréquemment disponibles : le crabe ali baba, des prawn puris, des karahi de poulet ou d'agneau. Le tout parfaitement cuit, épicé et présenté.

La mise parfaite du serveur bangladais, son calme olympien, son service attentionné procurent au lieu une sérénité malgré les nombreux clients et le rythme soutenu du service. Nassir, le patron chenu, a la distinction d'un joueur de cricket et veille sur les lieux depuis plus de 20 ans.

*mais comment réduire l'ambigüité des pronoms relatifs en français ?

Shezan
120 Chaussée de Wavre
1050 Ixelles
02/5129495

indien, curry, ris, basmati, pakistanais, Inde, Pakistan, dal, palak paneer, moins de 50 euros

indien, curry, ris, basmati, dal, palak paneer, moins de 50 euros